C’est à 15h que le départ de LA DRHEAM CUP- Destination Cotentin a été donné en baie de Quiberon dans des conditions estivales, grand soleil et vent léger de 5-6 nœuds. Les 73 bateaux inscrits se sont élancés sur deux parcours distincts : de 736 milles pour les plus grandes unités, certains skippers jouant notamment leur qualification pour la Route du Rhum-Destination Guadeloupe, de 428 milles pour les autres. Les conditions s’annoncent variées jusqu’à Cherbourg-en-Cotentin, promettant une régate à rebondissements.

A 22h, les leaders de chaque classe étaient les suivants :
Muli50 Erwan Leroux (FenetreaA)
IMOCA : Yann Eliès (UCAR-ST Michel)
Class40 : Sam Goodchild (All In For The Rhum)
IRC Double : Louis-Marie Dusserre (Ragging)
IRC : Sébastien Harinkoock (Amanjiwo2)

Ces conditions légères devraient perdurer jusqu’à la fin de journée, puis forcir (une dizaine de nœuds) au cours de la nuit de lundi à mardi lors de la remontée des côtes bretonnes vers le point DRHEAM CUP, situé à environ 45 milles au nord-ouest d’Ouessant. Les bateaux engagés sur le parcours de 736 milles (IMOCA, MULTI50, CLASS40, Classes Rhum monocoques et multicoques, Open grands monocoques) traverseront ensuite la Mer Celtique à destination du célèbre rocher du Fastnet, tandis que les IRC, MULTI2000 et yachts classiques feront une route au nord vers Wolf Rock avant de longer les côtes sud de l’Angleterre et de traverser la Manche vers Cherbourg-en-Cotentin, tous s’attendant à un parcours assez long vu les conditions annoncées.

« Nous commençons dans du près mou pour rentrer dans la course bien tranquillement avant un premier passage de dorsale, analyse Lalou Roucayrol, tenant du titre de la course sur son MULTI50 Arkema. Derrière, nous devrions avoir du vent portant qui se renforce pour arriver sur le Fastnet, ça va être une belle glisse, suivie d’un grand bord de reaching jusqu’aux Scilly. La fin de course s’annonce en revanche un peu erratique, ça s’annonce varié, de jolies conditions pour jouer ». Même son de cloche pour Yann Eliès, qui, sur Ucar-St-Michel, s’attend à « une course difficile et engagée », expliquant : « Même si les conditions ne vont pas être très fortes, on va avoir une succession de phénomènes météo et de zones dangereuses à négocier. Avec les DST, le trafic, les pêcheurs en Mer d’Irlande, on ne sera quasiment jamais tranquilles et la fin va être compliquée à appréhender avec un cocktail explosif vent faible/fort courant. Ça va s’apparenter à une grosse étape de Figaro en 60 pieds, je pense qu’en solitaire sur les IMOCA, ça va être copieux ! »

Dans ces conditions, cette DRHEAM CUP- Destination Cotentin devrait donner lieu à de sacrées batailles navales dans toutes les classes. Du côté du grand parcours, la course s’annonce comme une belle répétition générale en vue de la Route du Rhum-Destination Guadeloupe, notamment dans les classes MULTI50 (5 engagés sur les 6 du Rhum), IMOCA (10 sur 22) et CLASS40 (29 sur 50). « C’est à la fois une belle régate et un entraînement grandeur nature, un grand mix de large et de parcours côtier, il faudra être bon partout dans ces différents exercices », prédit Armel Tripon qui, sur le MULTI50 Réauté Chocolat, va en découdre avec Erwan Le Roux (FenêtréA-Mix Buffet), Lalou Roucayrol (Arkema), Thierry Bouchard (Ciela Village) et Thibaut Vauchel-Camus (Solidaires en Peloton-ARSEP), ces deux derniers sur des bateaux mis à l’eau récemment. « La confrontation est importante, ajoute justement Thierry Bouchard. J’ai une belle carte à jouer, même si les Bretons sont plus habitués que moi à naviguer vers le Fastnet et en Manche. La course est trop courte pour dormir vraiment, trop longue pour ne pas dormir du tout, il faudra être dessus tout le temps. On va finir complètement rincés ! ».

Engagé en IMOCA, Damien Seguin, pour qui La DRHEAM CUP – Destination Cotentin est la première course en solitaire sur Groupe Apicil, ne dit pas autre chose : « Vu le parcours qu’on va avoir, on risque de passer toute la garde-robe en revue, ça va être intéressant mais ce ne sera pas de tout repos. Il va y avoir la pression de la course en plus, j’ai envie de voir comment je me débrouille sur le bateau avec cette pression ». Face à lui, le double champion paralympique aura fort à faire avec, sur les dix Imoca engagés, deux bateaux dotés de foils qui partent a priori avec les faveurs des pronostics, Initiatives Cœur (Sam Davies) et Ucar-St-Michel (Yann Eliès). « L’objectif est de faire des trajectoires propres, de choisir les bonnes voiles, sachant que ça va être difficile d’avoir tout le temps la bonne voile, parce que les bords sont assez courts et les changements de force et de direction s’annoncent fréquents, analyse encore ce dernier. Je donnerais un petit avantage aux bateaux à dérives sur la première partie du parcours, ensuite si le vent rentre et que je n’ai pas pris trop de retard, je pense que je devrais réussir à grappiller du terrain ».

De la bagarre également en CLASS40 avec les derniers arrivés sur des bateaux tout neufs – Nicolas Troussel (Corum), Yoann Richomme (Veedol), Arthur Le Vaillant (Leyton) -, mais également les habitués de la série que sont Louis Duc (Carac), Phil Sharp (Imerys), vainqueur de la Normandy Channel Race, Miranda Merron (Campagne de France) ou Aymeric Chappellier (Aïna Enfance et Avenir), qui s’est de son côté imposé sur les 1000 Milles des Sables fin avril. « Sur cette DRHEAM CUP, l’objectif, comme toujours, c’est la victoire. Toutes les forces en présence seront là, et notamment les nouveaux bateaux, ce sera important de marquer les esprits, de continuer à être dessus et de réaffirmer sa position », confie ce dernier qui ajoute : « J’ai vraiment les dents qui rayent le parquet. J’ai hâte de retrouver de la confrontation ».

Du côté du « petit » parcours de 428 milles et des équipages amateurs, on s’attend aussi à une belle confrontation, à l’instar de Franck Ribot, engagé en IRC sur le JPK 10.10 FDS CAEC : « On a un équipage purement amateur de copains, mais on essaie de ne rien laisser au hasard. On aime se confronter aux très bons de la classe IRC. Sur cette DRHEAM CUP, nous sommes les petit Poucet, mais nous cherchons à progresser et à nous faire plaisir ».