Maxi Edmond de Rothschild a empanné en début d’après-midi et file désormais à 30 nœuds bâbord amures avec plus de 60 milles d’avance sur son rival Sodebo Ultim’. Les deux maxi trimarans se situent déjà à la latitude de Lisbonne. La grande cavalcade va se poursuivre jusqu’au Pot au noir. Mais Sodebo n’est pas encore décroché et reste en embuscade. Un beau duel qui rappelle celui avec le trimaran Macif.

« Nous avons eu une nouvelle nuit bien agitée avec le passage du front, une mer formée de 3,5 mètres à 4 mètres, des vents qui allaient de 30 à 35 nœuds et plus dans les rafales. Au plus fort nous avons enregistré 38 nœuds. Les deux heures qui ont suivi le passage du front étaient dures ; ça tapait beaucoup et dans ces conditions le bateau souffre un peu. Notre route est conforme au routage du départ et maintenant nous sommes du bon côté de la météo. C’est une bonne chose que ça soit derrière nous, nous n’aimons  pas trop ce genre de passage parce que tu fais face à des vents instables et à une mer formée qui t’empêche de naviguer tout en glisse. Il a fallu être vigilant mais c’est passé plutôt vite. C’est l’avantage d’être en multicoque !» soulignait Sbéstien Josse, leskipper du Gitana Team.

 

Après 48h de mer, le duo que forme Sébastien Josse et Thomas Rouxel a bien pris ses marques à bord du dernier-né des Gitana: « Malgré les conditions toniques de ce début de course, nous sommes rapidement rentrés dans un bon rythme avec Thomas. Comme prévu, nous effectuons toutes les manœuvres et changement de voiles ensemble. Le reste du temps nous faisons des quarts relativement courts et entre chaque nous arrivons à bien nous reposer. Au niveau alimentation comme toujours c’est du top niveau grâce aux plats de Julien Gatillon.»

Sur Sodebo, on a été aussi bien chahuté cette nuit. Thomas Coville et Jean-Luc Nélias ont viré de bord cette nuit dans une zone de vents forts et naviguent dans de rudes conditions : une mer formée avec 3 à 4 mètres de creux, des passages de grains… 4 à 5 mètres de creux en mer, c’est un bateau qui tape contre les vagues, une bouilloire qui ne tient plus sur le réchaud, une énergie concentrée dans le fait de se tenir debout et d’encaisser les coups, un sommeil entrecoupé par les chocs… Difficile de se reposer dans ces conditions : s’offrir un confort minimum demande de la patience et de la rigueur. Jusqu’à ce soir encore, notre duo va être malmené par la mer, mais les allures seront ensuite plus propices à la vie à bord.

A l’approche d’une zone anticyclonique (vents faibles), Thomas et Jean-Luc manœuvrent beaucoup pour optimiser leur plan de voilure. En 24 heures, ils pourraient passer de 100 à 600m2 de surface de voile ! Ils soulèvent plusieurs centaines de kilos de voiles sur le pont, les déplacent, les hissent, les règlent ou les descendent à la force de leurs bras.