Ca allume pas mal

Figaro Agir Recouvrement - Adrien Hardy et Vincent Biarnes - Transat AG2R LA MONDIALE 2016 - @ Alexis Courcoux

« Ca allume pas mal. Ce n’est vraiment pas facile car la nuit est complètement noire. On ne voit absolument rien. » racontait à la vacation Nicolas Lunven (Generali), toujours en tête du classement ce matin à 5h. Cette nuit, les marins de la Transat AG2R LA MONDIALE se sont donnés à fond changeant de barreur toutes les heures, voire toutes les 40 mn pour l’équipage de Fulgur Evapco (Kolacek/Brasseur).

A l’approche de la latitude de Lisbonne, le vent souffle entre 25 et 35 nœuds, poussant les Figaro Bénéteau 2 à des vitesses moyennes de 12 nœuds, jusqu’à 17 nœuds en pointe. La stratégie bat son plein et tous réfléchissent déjà à l’atterrissage sur les Canaries qu’ils devraient atteindre en début de week-end.

Depuis hier soir, le pont est recouvert d’eau. A l’intérieur, le marin hors quart dispose de moins d’une heure pour tenter de trouver le sommeil dans un bruit permanent. Il faut se relayer souvent pour garder une concentration maximale à la barre. Aucune visibilité, il fait nuit noire, les vagues résonnent comme des coups de boutoir… Du pilotage à l’aveugle. Cette descente le long des côtes portugaises sollicite mentalement et physiquement les skippers qui tentent de trouver la meilleure trajectoire.

Empannages et recalages
Depuis hier, le jeu des empannages a commencé. Generali toujours en tête continue sur sa route ouest, toujours pourchassé par Agir Recouvrement qui a choisi de se recaler plus proche de la route directe. Les deux tandems Skipper Macif et Gedimat demeurent au coude à coude sensiblement sur la même trajectoire, sachant que le duo Chabagny/Tabarly, depuis le départ, ne reçoit aucun classement, conséquence de problèmes de réception des fichiers ! Ils font donc leur route, seuls contre tous…

Dans ces conditions musclées, les figaristes affûtés sortent leur épingle du jeu. Bretagne-CMB Performance (5e au classement) réduit quelque peu son écart : Xavier Macaire, surnommé le marcassin, aime ces conditions de brise sous spi et doit s’en donner à cœur joie pour réduit l’écart avec le quatuor de tête. En queue de flotte, derrière les Anglais d’Artemis, cinq bateaux se sont laissé distancer : Les Saintes, Marie-Galante, Lorientreprendre, Guadeloupe et Free Dom Services à Domicile (à 124 milles de Generali) font désormais leur course dans la course.

 

AGIR Recouvrement, Adrien Hardy (skipper) :

« Ça secoue un peu. Ca mouille un peu sur le pont. C’est fatiguant car depuis hier après-midi on est toujours à la barre. Nous faisons des quarts d’une heure, c’est peu mais il faut ça pour être concentré et être dessus. La nuit est bien noire, on ne voit pas grand-chose. On a entre 25 et 35 nœuds de vent et une mer pas trop mal pour la force du vent mais il ne faut pas faire de sortie de route. La difficulté est de savoir quelles voiles ont les autres et où placer le curseur car nous sommes en début de transat. On a envie de mettre le grand spi mais il ne faut pas tout casser.

On a empanné une fois hier soir. Il y a beaucoup de bruit dans le bateau. C’est beaucoup de boulot, on se relaie toutes les heures, on ne peut pas encore prendre de vrais repas. On mange ce que l’on peut et à chaque changement de quart nous parlons des conditions qu’on a eues et on discute un peu stratégie mais sans remettre tout en cause. Les concurrents ne sont plus à porter d’AIS donc c’est un peu plus dur de savoir où ils sont. On va passer le week end aux Canaries, ça va très vite, ça c’est chouette.

Habituellement, en fin de nuit il fait toujours un peu plus froid car on est fatigué mais là, c’est l’inverse. Ça signifie bien qu’on descend plein sud à pleine vitesse. C’est la première nuit durant laquelle je n’ai pas froid. La minuterie de 60 minutes est enclenchée depuis 30 minutes. On essaye d’être rigoureux sur les timings. Je veux qu’on soit calé là-dessus sinon tu fais un peu de météo, tu manges et celui qui barre attend la relève. J’ai pris un peu sur mon temps de repos pour discuter avec vous donc là, je vais retourner me coucher (rires). ».
GENERALI, Nicolas Lunven (skipper) : « Ca allume pas mal. Ce n’est vraiment pas facile car la nuit est complètement noire. On ne voit absolument rien. Le bateau fonce, bourrine avec pas mal de vent et à la barre, on ne voit rien. Ce n’est pas hyper agréable mais au moins on va vite, on avance. Je viens de regarder le classement et nous sommes plutôt contents. Nous aimons bien nous décaler à chaque fois. On espère que le vent bascule un peu en notre faveur plus tard demain ou après-demain c’est pour cela qu’on va se positionner là. Je crois qu’on a du atteindre 17 ou 18 nœuds mais je suis tellement concentré à barrer que je n’ai pas fait trop attention. Il n’y a pas énormément de mer mais comme on ne la voit pas, elle n’est pas facile à négocier. On navigue aux instruments, on essaye d’anticiper les mouvements du bateau. Mais ce sont des conditions assez compliquées. On fait des quarts de 1h30 à 2 heures. Ce n’est pas facile de trouver le sommeil à l’intérieur du bateau. Ce sont des conditions toniques mais on ne va pas se plaindre. Notre stratégie est tournée vers l’approche des Canaries. Il y a Madère aussi sur la route. On regarde tout ça. »

FULGUR EVAPCO, Milan Kolacek (skipper) : « On change toutes les 40 minutes environ car les conditions sont musclées. On découvre le Figaro dans le vent. Je pense que nous avons choisi le bon côté. Ça glisse. On doit être bien concentré car barrer de nuit, ce n’est pas facile. On ne voit que les instruments. Nous sommes tous les deux contents, j’espère que ça va durer un peu ! »

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