Brest Atlantiques. Les fauves sont enfin lâchés !

BREST ATLANTIQUES 2019, de Brest à Brest, via Rio de Janeiro & Cap-Town, sans escale. Mardi 5 novembre, Départ de la Brest Atlantiques. @ Y. Zedda

Brest renoue avec la course au large et pas n’importe laquelle ! Brest Atlantiques est une course hors norme. Les quatre trimarans sont des monstres de carbone et de technologie de 30 mètres. Et pour la première fois dans la course au large, un troisième homme sera témoin de ce demi tour du monde en équipage. La décision a pu crisper certains membres d’équipages mais ces médiamans ont la chance d’être les témoins directs de cette confrontation unique au monde. Et nous d’en profiter aussi et au sec.

Dimanche 3 novembre.

La tempête Amélie, qui s’est mouchée sur la côte ouest, a contraint les quatre cathédrales de carbone à rester à quai. Côté météo, ambiance de fin du monde au bout du monde. 29è jour de pluie consécutif sur le Finistère et rafales de vent à plus de 30 nœuds.

A l’arrivée sur Brest, les mâts de Macif, Sodebo, Actual Leader et Gitana 17 ne passent pas inaperçus… Malgré la marée basse, il dépasse de tous les immeubles du port de commerce d’une dizaine de mètres. C’est en arrivant sur le quai du village de Brest Atlantiques que l’on prend la pleine mesure de la démesure de ces bateaux !

Et pourtant les teams gardent le sourire car le départ aura bien lieu mardi à 11 heures. Enfin. Martin Keruzoré, mediaman sur Sodebo, s’est offert une petite balade sur la plage de la pointe Saint-Mathieu pour oublier son impatience : « Je ne vais pas courir pendant 30 jours alors j’en profite ! » Après cette semaine de préparation, le stress s’est atténué car il est prêt : « Tout mon matériel photo et vidéo est prêt depuis longtemps. Il est vérifier, revérifier. J’ai vraiment hâte de partir ! » Serein certes mais aussi conscient des risques d’une telle course. C’est la première fois que ces bateaux vont s’affronter sur une aussi longue distance. La casse est évidemment l’angoisse principale de tous les équipages. Sans parler du chavirage… En cas de problème technique justement, contrairement au Vendée Globe, les bateaux peuvent faire escale n’importe où et bénéficier de l’assistance de leur équipe.

Le soir venu, l’ambiance dans la tente des teams est détendue même si l’on ressent une certaine fébrilité. Dernier verre avant le démontage du village. Un peu de nostalgie aussi après une semaine intense au contact du public, des médias.

Lundi 4 novembre
Le quai est désormais interdit au public. Le village disparaît peu à peu et, de loin, on voit les équipes techniques galoper et rebondir dans tous les sens sur les trampolines des bateaux pour les derniers préparatifs. Dans les cockpits, skipper et co skipper lancent les premiers routages. Ça va secouer pendant Les dix premières heures. Une belle houle est aussi prévue pour pimenter le départ.

@ Benoit Roux

Mardi 5 novembre
7h30. Le jour se lève à peine. Le vent souffle encore mais la rade de Brest de fume plus. Quelques cumulus traînent encore et le soleil devrait accompagner les marins pour le départ.

Gwénolé Gahinet (co skipper de Macif) est le dernier arrivé de tous les membres d’équipages. Pas de stress. Tranquille. Il répond à quelques questions de journalistes alors que toute son équipe est prête à larguer les amarres. Il ne donne pas du tout l’impression de partir pour ne course hors norme. Comme s’il partait se faire une transat’ avec des copains.

Les zodiacs de sécurité ronronnent. Gitana a son feu de tête de mât allumé et sera le premier à « lever l’ancre ». Sur le ponton, c’est l’agitation des dernières minutes. Dernières interviews, dernières images, dernières embrassades et rafale d’applaudissements pour chaque bateau quittant le quai. Le timing du départ est serré car le goulet doit être libéré de tous bateaux à 11 heures car un sous-marin est sur le point de rentrer.

Au phare du petit Minou, la houle rentre comme prévue. Les surfers s’enchaînent de belles gauches d’un bon mètre cinquante et pendant ce temps là, chacun dans leur coin, les équipages hissent les GV. 2 ris et pas de voiles d’avant pour la sortie du goulet. Puis ils se regroupent et partent rejoindre le large. Macif se prend quelques belles accélérations impressionnantes vue de la côte. Incomparable avec ce qu’ils vont vivre et subir pendant les trente prochains jours. Les autres suivent et en l’espace de 15 minutes, ils ne ressemblent plus à des géants. Le premier chapitre de Brest Atlantiques vient de se fermer, les autres s’annoncent passionnants !

Benoit Roux