Bermudes 1000 Race. Simon en tête au Fastnet

Les 17 IMOCA ont passé ce samedi le Fastnet et se dirigent vers un waypoint positionné à 820 milles dans le Nord des Açores. Après 48 heures de course Sébastien Simon a pris une belle avance suivi une heure plus tard par Sam Davies (Initiatives Cœur). Puis ce fut au tour de Boris Herrmann (Malizia-Yacht Club de Monaco) à 11h, Yannick Bestaven (Maître CoQ) à 11h15, Maxime Sorel (V and B-Sailing Together) à 11h30, Damien Seguin (Groupe Apicil) à 12h30, Stéphane Le Diraison (Time For Oceans) à 13h, Clément Giraud (Envol by Fortil) et Fabrice Amedeo (Newrest-Art & Fenêtres) à 13h15, bord à bord… Au pointage de 17h, 12 skippers avaient franchi cette marque de parcours.

Sébastien Simon : « Rester vigilant »
Si le spectacle était superbe, les coureurs ont dû garder leur concentration car le vent n’était pas très net une fois passé le Fastnet. Sébastien Simon a réalisé un très joli coup. Opportuniste, il est parvenu à garder de la vitesse alors que ses poursuivants, à commencer par Sam Davies, sont restés bloqués un bon moment dans une bulle sans vent. « C’est bon pour moi mais cela ne veut rien dire. Il faut vraiment rester vigilant car les IMOCA accélèrent vite. 20 milles d’avance, ce n’est rien, cela peut vite être comblé avec ces bateaux », tempère Sébastien. « J’ai fait un gros vrac hier après-midi. Le vent devait arriver de l’Est et il est arrivé par l’Ouest. Le bateau s’est couché, a fait demi-tour… J’ai mis presque 3 heures pour tout remettre à l’endroit ! J’ai aussi failli perdre une voile cette nuit en matossant mais heureusement, ce n’est pas le cas. Je suis content de ma course pour le moment, je fais des bons bords. J’ai l’impression que les autres concurrents sont restés coincés dans la molle du Fastnet, c’est bon pour moi mais cela ne veut rien dire. Cette nuit, ils sont revenus fort derrière moi et notamment Maxime Sorel qui me surprend par son bon début de course. Il faut vraiment rester vigilant car les IMOCA accélèrent vite. 20 milles d’avance, c’est rien, cela peut vite être comblé avec ces bateaux. Je pense que pour cette course qui dure environ une semaine, c’est un atout d’avoir fait du Figaro car c’est un rythme qui nécessite de dormir peu. Je dors souvent mais peu de temps à chaque fois. Je surveille beaucoup mes écrans et mes trajectoires pour ne pas que le bateau ralentisse. J’ai encore du mal à savoir où placer le curseur pour faire les choses bien mais sans perdre de l’énergie dans des manœuvres inutiles. Cela viendra avec l’expérience mais déjà, j’arrive correctement à me reposer. Les fichiers ne sont pas d’accord pour la suite mais a priori il va y avoir pas mal de vent. Le fichier américain annonce 34 nœuds. Je me suis préparé au pire pour ne pas perdre d’énergie le moment venu et ne pas paniquer. Je suis prêt à accueillir le vent, prendre des ris, envoyer les voiles qui vont bien. Nous allons avoir une trajectoire rapide jusqu’aux Açores et après cela va se compliquer. »

Maxime Sorel s’en est aussi bien sorti, en s’intercalant à la 4e place, entre Boris Herrmann et Yannick Bestaven. On a d’ailleurs appris aujourd’hui pourquoi Yannick a connu un début de course compliqué, avant de revenir fort : « J’ai perdu un peu de temps car j’ai tapé quelque chose dans la quille et le fusible de safran s’est relevé. J’ai dû m’arrêter le temps de réparer mais j’ai bien rattrapé mon retard le bateau est nickel, le bonhomme en pleine forme. »
Les écarts se resserrent avec le retour en force du groupe emmené par Damien Seguin qui réalise un très joli début de course et confirme sa belle prestation réalisée lors de la Route du Rhum Destination Guadeloupe 2018 (6e place). Au contact de Damien, Stéphane Le Diraison et Clément Giraud tirent aussi le meilleur de leurs machines mises à l’eau il y a plus de dix ans. Au milieu de ce groupe, on trouve Fabrice Amedeo qui de son aveu même a fait de très belles choses depuis le départ… et des beaucoup moins bonnes !
Vers un changement d’ambiance sur la route des Açores
Sébastien Simon et ses poursuivants doivent traverser l’axe anticyclonique et ses vents variables faibles avant de toucher un flux de Sud-Est de 12-15 nœuds en milieu de nuit prochaine. Ce flux devrait fraîchir à 25 nœuds demain en début de soirée. D’après les routages, les leaders pourraient atteindre le waypoint Açores dès mardi soir. Le rythme va sensiblement s’accélérer. Au près débridé, les solitaires vont pouvoir progresser à belle vitesse, ce qui sera source de plaisir mais aussi de stress…