Bermudes 1000 Race. Première victoire en Imoca pour Simon, Bestaven et Pedote sur le podium

@ Yann Riou

Sébastien Simon a remporté sa première victoire en Imoca sur la Bermudes 1000 race sur un parcours de 2 000 milles après 7 jours et 17 heures de course. Une belle victoire acquise après le passage du Fastnet où il a su créer un écart suffisant pour conserver un matelas d’avance sur la suite du parcours. Après sa transat aller retour sur le bateau effectué le mois dernier, Sébastien Simon a bien pris ses marques en Imoca sur l’ex-PRB qu’il confiera prochainement à Kevin Escoffier lorsqu’il mettra à l’eau son nouveau bateau.

Le match pour les deux places restantes sur le podium aura été en revanche passionnant. avec quatre skippers arrivés à six minutes d’intervalle ! C’est finalement Yannick Bestaven qui s’est emparé de la 2e place, juste devant Giancarlo Pedote qui a lui-même devancé Sam Davies et Maxime Sorel d’un souffle. Fabrice Amedeo et Clément Giraud ont décroché respectivement les 7e et 8e places. Prochaines arrivées prévues à Brest : Arnaud Boissières, Stéphane Le Diraison, Manuel Cousin et Damien Seguin.

2 minutes et 37 secondes : c’est ce qu’il a manqué à Sam Davies (Initiatives Cœur) pour terminer sur le podium. La navigatrice britannique peut toutefois se réjouir d’avoir testé et approuvé au grand large les nouveautés de son bateau, même si un petit souci de quille lui a empêché de défendre ses chances à 100 % (lire ci-dessous). Sam a été talonnée par Maxime Sorel (VandB – Sailing Together), arrivé 1 minutes et 23 secondes derrière elle ! En terminant dans le Top 5 et à la première place des non foilers, Maxime peut avoir le sourire. Longtemps très bien placé pour décrocher la 2e place, Boris Herrmann (Malizia-Yacht Club de Monaco) n’a pas pu défendre ses chances après avoir constaté, hier à la mi journée, un problème technique l’obligeant à lever le pied pour terminer. Le skipper allemand a finalement bouclé le parcours en 6e position.

Clément Giraud et Fabrice Amedeo également à bon port
La lutte pour la 7e place a également été très accrochée, jusqu’aux derniers instants. Fabrice Amedeo (Newrest-Art&Fenêtres) a pris le meilleur sur Clément Giraud, avec à peine deux minutes d’avance. Une belle pour ces deux coureurs : Fabrice a su se dépêtrer de soucis techniques tandis que Clément, l’un des six bizuths de l’IMOCA peut être fier de sa prestation. A 18h ce vendredi, il restait neuf concurrents en course. Les prochains attendus étaient Arnaud Boissières (La Mie Câline-Artipôle) et Stéphane Le Diraison (Time For Oceans) ce soir, puis Manuel Cousin (Groupe Sétin) et Damien Seguin (Groupe Apicil) la nuit prochaine.

Premières réactions des marins :
Sébastien Simon (ARKEA PAPREC) : « Tout n’a pas été parfait mais en tous les cas, les trajectoires étaient super bien. J’ai fait quelques vracs quand même, et j’ai laissé beaucoup d’énergie. C’est une belle expérience. La régate a été étonnante : un coup, ça partait par devant et un coup ça revenait par derrière car il y a eu beaucoup de phases de transition. J’ai cru que j’allais voir revenir ceux de derrière cette nuit, mais heureusement, j’ai réussi à redécoller. Je me suis senti à l’aise sur le bateau. Je n’ai pas eu peur de faire des manœuvres ou d’être un peu ambitieux. C’était ma première et ma dernière régate sur ce bateau en solitaire. Je pense que j’ai mérité mon bateau neuf maintenant. »

Yannick Bestaven (Maître CoQ) : « Je me suis vraiment fait plaisir. La course a été très animée, avec notamment plein de manœuvres à faire. Elle a un peu ressemblé à une étape de Solitaire du Figaro, mais sur un gros bateau, ça fait mal aux mains et aux bras ! Le match a été génial. J’ai fait un bon coup météo qui m’a permis de remonter 2e à la marque des Açores. Je me suis ensuite fait doubler en vitesse par Sam et Boris mais je suis revenu dans le match. Le finish a été incroyable. La nuit dernière, il y avait des lumières partout et des bateaux qui revenaient dans tous les sens. A s’arracher la tête ! Dommage qu’on n’ait pas trop vu Seb Simon qui est parti assez vite. Quoi qu’il en soit, derrière, on a bien rigolé et on a bien bataillé. »

Giancarlo Pedote (Prysmian Group) : « C’était une course vraiment dingue ! J’ai commencé par plonger pour enlever un bout coincé dans ma quille. Après, je me suis appliqué sur mes trajectoires et sur ma vitesse, puis j’ai fait ma stratégie sans penser aux autres. J’ai réussi à rester toujours calme, même dans les moments difficiles. A la fin, j’ai vu qu’il y avait un coup à jouer et je me suis dit « vas-y fonce ! ». Je suis super content de ma course. On a régaté au contact du début à la fin. Les conditions se sont bien prêtées à l’exercice. Il n’y a pas eu baston alors on a pu attaquer sans stress majeur. On a manœuvré dans tous les sens, on a sorti toutes les voiles. C’était super intéressant. »

Sam Davies (Initiatives Cœur) : « J’ai passé la grande majorité de la course entre la 2e et la 3e place et je termine 4e. C’est forcément un peu frustrant mais le but premier était d’engranger des milles en vue de la qualification pour le Vendée Globe alors je suis déjà contente d’avoir bouclé le parcours. J’ai eu pas mal de petites bricoles à faire. Ma quille est restée bloquée dans l’axe faute d’hydraulique, et la fin de la course a été un peu compliquée. Par ailleurs, c’était la première fois que je testais mes nouveaux foils et ça a été génial de les découvrir et d’apprendre à m’en servir. J’ai beaucoup de travail à faire encore, mais je pense que c’est un vrai plus. Rester aussi longtemps au contact avec les bateaux de 2016 n’aurait pas été possible avec le bateau dans l’ancienne configuration. »

Maxime Sorel (VandB – Sailing Together) : « Quand les gars de l’équipe m’ont lâché à Douarnenez, je me suis dit « oh la la, ça va être chaud, le bateau, je ne le connais pas du tout ! ». Je me suis mis dedans tranquillement. Petit à petit j’ai lâché les chevaux. Je me suis pris au jeu de la régate. Sur la fin, j’ai bien cru à la 3e place. Quoi qu’il en soit, je ne pensais pas terminer à la 5e place au départ et c’est une belle surprise. On a vraiment eu toutes les conditions. J’ai même sorti le grand spi alors que je ne voulais pas le faire en solo. Cette Bermudes 1000 Race est une belle course. »

Boris Herrmann (Malizia-Yacht Club de Monaco) : « Je suis heureux d’avoir bouclé le parcours car cela me donne des milles pour la qualification pour le Vendée Globe. Il y a eu des hauts et des bas. Hier, j’ai percuté quelque chose et cela a provoqué un petit impact dans la coque, sur le côté tribord. Cela a engendré une petite voie d’eau mais rien de grave. Pour un tour du monde, il faut être prêt, dans la tête, à subir ce genre de situation. Cela a rajouté un peu de piment à ma course. Ça m’a obligé à sortir les outils, les composites… Ce n’est jamais inintéressant de devoir bricoler pour apprendre. Je sais que le bateau va vite et je me suis senti bien dans le rythme tant que tout allait bien. »