Banque Populaire VIII mis à l´eau à Port-la-Forêt

Mise à l`eau Banque Populaire VIII
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« Une aventure se termine, celle de la fabrication, et une autre débute, sur l’eau et en navigation », précise-t-il, tout à l’excitation d’un moment rare. « Nous entrons à présent dans une phase active de découverte et d’expérimentation in vivo des idées et techniques envisagées, développées et concrétisées au sein du Team et des équipes d’architectes depuis l’arrivée du dernier Vendée Globe. »

L’intégralité du Team Banque Populaire, soit une bonne quinzaine de personnes, renforcée par les effectifs du chantier CDK était donc mobilisée en ce début de semaine pour procéder aux différentes phases de la mise à l’eau de ce nouveau prototype de la Class Imoca. Préalable à tout contact avec l’élément liquide, l’ultra-délicate pose de la quille dans une fosse prévue à cet effet a été réalisée lundi après-midi. C’est mardi matin, sous les yeux d’un jaugeur et du public, que Banque Populaire VIII s’est posé sur l’onde, avant d’effectuer l’impérative et spectaculaire opération de retournement de sa coque nue, à 180°. Après cet examen de passage obligatoire, le plan Verdier-Lauriot-Prévost a été dûment mâté et gréé. Une opération à plusieurs vitesses, puisqu’il faut compter ensuite une bonne journée de vérifications après la mise sous tension maximum du gréement. Ce n’est qu’une fois assuré de sa capacité à tenir les charges pour lesquelles il a été conçu, que le bel oiseau pourra débuter son envol et entamer sa campagne de mise au point.

« De témoin, je vais devenir acteur ». Armel Le Cléach, en troquant le bleu de travail pour son ciré de marin, reçoit comme en héritage tout le savoir-faire des équipes techniques mobilisées pour la construction de Banque Populaire VIII. « Tout s’est très bien passé ! Avec cette mise à l’eau, je deviens véritablement responsable du bateau, et le dépositaire des espoirs qu’il suscite. C’est un grand moment pour chacun de nous, une fierté, une émotion. On découvre la cohérence du projet, et on partage un premier sentiment d’aboutissement. Je viens, des mois durant, de partager le quotidien de chaque ouvrier du chantier et comme pour chaque fin de cycle, il y a forcément de l’émotion. »

A 18 mois de l’échéance sablaise du Vendée Globe (départ le 6 novembre 2016), l’horizon s’annonce dégagée pour une montée en puissance sereine et raisonnée. « On a hâte bien sûr », poursuit Armel, « mais nous nous inscrivons aussi dans une démarche de qualité. On ne brûlera aucune étape dans la mise au point sur l’eau du bateau. Les foils sont prêts et nous prendrons tout notre temps pour apprendre et maîtriser cette nouvelle avancée au sein de la jauge. » Le stage programmé en juin à Port la Forêt s’annonce passionnant à plus d’un titre ; il sera le prélude à un été studieux scandé par le record SNSM (21 juin), l’Artemis Challenge autour de l’île de Wight en aout, suivie de la Rolex Fastnet Race au départ de Cowes le 16 aout. Viendra ensuite l’automne et sa grande classique bisannuelle, la Transat Jacques Vabre, qui emmènera Armel Le Cléac’h et son binôme Erwan Tabarly sur une première traversée de l’Atlantique à bord de ce bateau, jusqu’en baie de Rio.