Bureau Vallée 2 est arrivé à bon port et 7è de cette Transat Jacques Vabre pour la première course de Louis Burton et de Servane Escoffier sur l’IMOCA vainqueur du dernier Vendée Globe. L’objectif est atteint : emmagasiner du temps et de l’expérience au large à bord de l’IMOCA à foils Bureau Vallée 2 en vue de la Route du Rhum mais surtout du prochain Vendée Globe. La prise en main du foiler n’est pas une mince affaire et nous avions navigué avec Louis Burton et son équipe pour nous en rendre compte. Voir Course au Large n°75.

« Et en plus, on est toujours ensemble » plaisantait Louis à l’arrivée au ponton de Salvador de Bahia.
Souriants, car contents d’être arrivés et d’avoir partagé une telle expérience en couple, leur premier geste a été de boire un grand litre d’eau fraîche. En effet, cela faisait 3 jours qu’ils étaient rationnés en eau, la faute à un dessalinisateur qui s’est mis à faire des siennes.

L’une des multiples péripéties rencontrées lors de cette transat, même si le bateau arrive en bon état général. Pêle-mêle : 2 montées au mat, un étai de J3 qui lâche dans la baston en début de course, avec une petite frayeur pour l’intégrité du mat, une drisse de J1 cassée qui rend la voile inutilisable après 5 jours de course, une panne de génératrice qui complique la gestion de l’énergie et donc la vie à bord, et une entorse du pouce pour Servane.Et surtout… un sacré Pot au noir. « Ce n’est plus un pot, c’est une baignoire » plaisantait Servane en plein milieu de celui-ci, alors que Bureau Vallée 2 peinait à dépasser les quelques nœuds de vitesse. Contraste saisissant avec la première moitié de course, où le foiler jaune a suivi la cadence élevée du peloton de tête jusqu’à l’arrivée dans la ZCIT (le Pot au noir) qui aura donc décidé de leur jouer un mauvais tour.

« Toute cette partie du Pot au noir fut compliquée et ça a été le passage à niveau de cette Transat Jacques Vabre. On a une super machine pour un cycle de quatre ans, c’était important pour moi de savoir ce qu’il en était. On monte en gamme, donc forcément on a été servis car c’est très physique. Tu ne te parles pas quasiment pas, tu es à 25 noeuds et tu ne vois rien… Tu es dans le cockpit, tu te fais rincer, quand le bateau retombe tu as l’impression qu’il va se casser en deux. On se dit aujourd’hui que ça fait partie de la course, on s’est bien marré. C’était génial, il ne faut pas banaliser une transat ce n’est pas rien » résume Servane.

« Nous avons pu mesurer tout le potentiel du bateau, et surtout engranger de l’expérience pour la suite du programme. Clairement, on est dans un autre monde qu’avec mon précédent bateau. Ça va vite, ça tape fort, c’est difficile à vivre, mais c’est vraiment grisant. On a un gros coup de malchance à mi-course. Les modèles météo sont alignés et disent qu’il y a un coup à jouer à l’Ouest, avec du vent plus longtemps à l’approche du Pot. Il y a un moment, si tu veux tenter de recoller au podium, il faut essayer des choses. Là, ça n’a pas marché pour nous, il y a forcément un peu de déception au niveau du résultat, mais ce n’est pas le plus important. Pour une première transat avec le bateau, on aura connu du gros temps, de la pétole, de la grosse vitesse, des galères. On aura passé en revue toute la garde-robe du bateau, vu son comportement dans tous les types de temps. On aura été dans le tempo jusqu’au traitement spécifique que nous a réservé le Pot au noir, qui est plus un coup du sort qu’autre chose. Bref, c’est une bonne base vers la Route du Rhum » conclut Louis.