Antonio Pedro Da Cruz flirte avec la victoire

Baiko Pedro Da Cruz 02
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La nuit sicilienne de lundi à mardi n’a pas été douce pour tout le monde. Après une arrivée en fanfare sur la pointe nord-ouest de l’île où toute la flotte s’est alignée sous spi pour entrer dans la nuit à la hauteur de Marsala, les navigateurs de la « Capitale Européenne de la Culture – Cap Istanbul » ont vu le vent les quitter progressivement à mesure qu’ils approchaient de la première marque de parcours en baie de Sciacca. Pendant plusieurs heures, dans une baie sillonnée par les pêcheurs au lamparo, les solitaires ont du composer avec des vents faibles et variables, quand ils n’étaient pas tout bonnement arrêtés dans la pétole.

Jeu cruel

A ce petit jeu de l’intuition et du hasard, Antonio Pedro da Cruz, le skipper de Baïko, déjà en tête de la flotte à la marque de parcours, creusait brutalement l’écart pour se retrouver propulsé à la fin de la nuit avec près de 15 milles d’avance sur les autres concurrents. Il est parfois des marmitons qui, pris d’une inspiration subite, dépassent, le temps d’une recette de cuisine, les chefs cuisiniers. Antonio, plutôt habitué au ventre mou du classement, voire aux queues de peloton a, semble-t-il, trouvé cette nuit la formule magique. Toujours est-il que quand Baïko naviguait à près de 6 nœuds, l’essentiel de la flotte restait engluée en baie de Sciacca. La Méditerranée est cruelle parfois, qui peut transformer un petit décalage en écart irrémédiable en moins de temps qu’il ne faut à une bonne fée pour faire d’une citrouille, un carrosse. D’autres, à l’inverse, perdaient gros comme Fred Duthil qui passait de la position de leader du groupe à la vingtième place. Le tout petit temps comporte une part d’aléatoire indéniable.

Retour des gros bras

Il restait alors ce matin près de quatre-vingt milles à parcourir à la flotte des Figaristes… Commençait alors un long louvoyage le long des côtes de Sicile. Devant Porto Empedocle, le vent fraichissait alors que le ciel se couvrait rapidement. C’est alors un vent de près de vingt nœuds qui attendait les navigateurs solitaires. Nul doute qu’à ce stade de la course, l’état de fraicheur des marins, l’acquisition des automatismes devenaient déterminants. Petit à petit, les gros bras du circuit Figaro remontaient vers les avant-postes de la course alors que quelques navigateurs, sûrement talentueux mais pas encore totalement rompus aux exigences du circuit, perdaient pied petit à petit. Aux avant-postes, on ne trouvait plus que des habitués des places d’honneur : Gildas Mahé (Le Comptoir Immobilier) suivi de près par Laurent Pellecuer(Docteur Valnet Aromathérapie), Thierry Chabagny (Suzuki Automobiles), Jeanne Grégoire (Banque Populaire)…Même si l’on sait que la Méditerranée est friande de retournement de situations, à bord de Baïko, Antonio Pedro da Cruz possédait suffisamment d’avance pour ne pas s’inquiéter du retour des croque-mitaines. Cendrillon a de quoi voir venir…

Ils ont dit :

Antonio Pedro da Cruz, skipper de Baïko, leader :
« Je suis le seul à avoir

tiré un bord à la côte. Etant donné les conditions qui se présentent

devant moi, ça semble le faire à la côte. Au pire, si ce n’est pas le

cas, je garde la possibilité du large pour contrôler la flotte. Il faut

tenir le coup ? Je suis en forme car j’ai un peu dormi la nuit

dernière. Au niveau physique, ça devrait le faire ! Depuis le début je

n’ai rien lâché et je compte tenir jusqu’au bout ! »

Thierry Chabagny, skipper de Suzuki Automobiles, 3e : "C’est la même pression que sur une étape du Figaro. Hier soir, dans la pétole, c’était le foutoir. Tu te retrouvais avec des bateaux que tu n’avais jamais vus. Je crois m’en être pas mal sorti. Physiquement, l’étape est exigeante. J’ai profité du vent stable de ce matin pour faire plusieurs siestes. Là, ça va, je suis en pleine forme pour le rush final. Mais dans ces petits airs, comme on a eu cette nuit, il faut un gros mental… C’est bien, c’est des conditions dans lesquelles j’apprends des choses."