Antoine Carpentier s’attend à être en mode survie mardi

L’armada des 53 Class40 va devoir affronter une météo particulièrement difficile mardi. Antoine Carpentier et les autres concurrents de la Class40 vont, en effet, devoir composer avec des vents de 35 à 40 nœuds (jusqu’à 55 en rafales à 55) et une houle de l’ordre de 5 à 7 mètres. Dans ce contexte, il va donc falloir réussir à placer le curseur au bon endroit pour rester dans le match sans casser de matériel. La tâche s’annonce ardue et il y a fort à parier qu’elle marque un tournant de la course. Reste que si toute la flotte va assurément être malmenée, le skipper de Custo Pol qui porte également les valeurs de Beyond the Seas, espère s’appuyer sur sa grosse expérience du large pour négocier au mieux ce coup de tabac annoncé.

Les conditions pour les premiers jours de course s’annoncent assez violentes. Pouvez-vous nous en dire un peu plus ?
« Dans un premier temps, à la sortie de la Manche, on va devoir gérer une petite dépression qui va toutefois passer assez vite en montant vers le nord. Ensuite, mardi, ça va se corser davantage avec une grosse dépression cette fois, qui va générer de la grosse mer et jusqu’à 50-55 nœuds de vent. On va vraisemblablement avoir deux ou trois jours un peu compliqués. Ca risque d’être un peu la survie pour pas mal de gens. Dans ce type de cas, normalement, plus on a d’expérience, mieux c’est, mais vu ce qui est prévu, j’ai envie de dire « bien heureux celui qui passera sans casse ». Il y aura forcément des petits bobos sur les bateaux. Le truc, ce sera de réussir à les minimiser en levant le pied aux bons moments ».

Quand on sait que l’on va se faire secouer un peu méchamment, dans quel état d’esprit part-on ?
« On fait la technique de l’autruche : on met la tête dans la terre et on attend que ça passe ! (Rires) Plus sérieusement, c’est sûr qu’on appréhende un peu. Après, j’essaie de ne pas trop y penser. J’ai déjà vécu des moments en mer dans ces conditions là et je sais que ça va être assez pénible. J’ai toutefois l’avantage de réussir à manger quelles que soit les conditions, ce qui est plutôt un atout parce que si on ne parvient pas à s’alimenter pendant plusieurs jours, on puiser dans ses réserves, ce qui n’est jamais terrible. Après, j’ai un bateau que je n’ai que depuis fin août et je n’ai pas vraiment eu l’occasion de naviguer dans des conditions de mer et de vent très fortes. Je ne sais donc pas trop où je vais pouvoir mettre le curseur mais clairement, je vais être à l’écoute du bateau, veiller à ll’usure des voiles et faire en sorte que ça passe sans casse. »

Avant ça, il va falloir gérer la phase du départ. Comment l’appréhendez-vous ?
« Au début je m’étais dit que j’allais faire un coup médiatique en partant un peu avant tout le monde mais en fait la pénalité est assez lourde. Les instructions de course stipulent que si on vole le départ, on prend quatre heures et quatre heures, c’est beaucoup ! (Rires) Blague à part, je suis un compétiteur. Je vais essayer de prendre le meilleur départ possible. Il faudra faire attention aux autres bateaux qui seront nombreux sur l’eau mais l’organisation a bien balisé le terrain de jeu. En Class40, on va partager la ligne de départ avec le Rhum Mono. On va donc se retrouver à 70 mais la Direction de course nous a dit que notre ligne ferait plus de 1,8 mille de long. En théorie, il y aura donc de la place pour tout le monde. Je n’ai pas d’appréhension pour cette phase plus que ça. Anticiper des choses qui ne vont peut-être pas arriver, c’est une perte de temps pour moi. »

A  quelques heures du départ quel sentiment domine ?
« Je suis partagé entre l’impatience d’en découdre et l’envie de partager encore quelques moments avec mes proches. Ils sont nombreux à être venus à Saint-Malo. Bien sûr, il y a Marine, ma femme, et mes enfants, mais il y a aussi nos familles respectives. Je veux profiter d’eux au maximum… »