Antoine Carpentier, une belle 7e place

Antoine Carpentier est arrivé à Pointe-à-Pitre à la 7e place dans la catégorie des Class40. Une jolie performance pour le skipper de Custo Pol dans le coup dès le départ et qui est parvenu à tenir la cadence devant malgré une préparation très tardive (il n’a récupéré son bateau qu’à la fin du mois d’août dernier), une météo dantesque (plusieurs favoris ont été mis au tapis dès les premiers jours de course) et une foule de petits pépins techniques (en particulier la perte de tous ses spis). Une sacrée expérience aussi pour le Morbihannais qui faisait ses premiers pas en solo et qui a ainsi montré qu’en plus d’être un équipier hors-pair, il était également un solitaire solide et tenace. Déterminé aussi car en plus d’avoir mené à bien son projet sportif, le navigateur est parvenu à porter haut les valeurs de Beyond the Seas mettant en avant des initiatives du bout du monde et interpellant chacun sur ses actions pour un monde pacifié. Voilà qui mérite un grand coup de chapeau !

« Je suis bien content d’être arrivé », a commenté Antoine Carpentier à son arrivée au ponton de la darse à Pointe-à-Pitre où il a été accueilli, entre autres, par une multitude d’enfants et par Maxime Sorel et son équipe. « Je ne pouvais pas espérer plus belle arrivée », a avoué le skipper de Custo Pol qui a donc bouclé cette 11e Route du Rhum – Destination Guadeloupe à la 7e places dans la catégorie des Class40, après un peu plus de 18 jours de mer. « Ce que je redoutais le plus, c’était la solitude et c’est effectivement ce qui s’est avéré le plus dur pour moi. Plus encore que les conditions. Il est vrai que cette course a été engagée et le grand nombre d’abandons en témoigne, mais je ne suis pas sûr qu’elle ait été plus corsée que la Transat Jacques Vabre que j’ai faite en 2015 avec Catherine Pourre et lors de laquelle on avait aussi pris trois grosses dépressions successives sur la figure. Il n’empêche que ça n’a pas été facile. Je sais que tout le monde a eu son lot de petits soucis mais en ce qui me concerne, il n’y a finalement eu qu’une seule journée où je n’ai pas été confronté à un problème technique », assure Antoine qui s’est battu comme un diable pour aller au bout de sa transat, coûte que coûte. « Je pense que j’ai fait du mieux que je pouvais même si, évidemment, aujourd’hui, avec déjà un peu de recul, je referais certaines choses différemment. Le fait d’avoir éclaté mes trois spis a été décevant car cela ne m’a plus permis d’envisager de poursuivre ma remontada. Forcément, ça a un peu changé le profil de ma course, un peu comme mon mal de dos dans les derniers jours qui m’a bien handicapé. J’ai terminé sous Code 5 et je me suis fait quelques bosses mais je sais ça aurait pu être plus dramatique alors je relativise », détaille Antoine qui faisait ses premiers pas en solitaire.

Une expérience forte

Alors expérience satisfaisante ? A réitérer ou non ? « Pour vraiment répondre à cette question, il faudra que je prenne un peu de recul mais je ne pense pas que j’aurai envie de faire un Vendée Globe car je ne suis pas sûr d’aimer me retrouver trois mois tout seul. Trois semaines, c’est bien ! », s’amuse le Morbihannais qui peut en tous les cas se satisfaire d’avoir été au bout de sa course malgré un temps de préparation extrêmement court. « Il est certain que je ne suis pas parti dans des conditions optimales. En ce sens, j’ai probablement eu moins de pression sur les épaules que certains autres mecs annoncés favoris. Je suis vraiment resté dans le même état d’esprit du début à la fin avec un objectif en tête : arriver de l’autre côté, même si parfois j’ai appuyé sur le champignon alors que j’aurais pu être plus raisonnable », note Antoine, d’ores et déjà conscient qu’il va tirer énormément de cette expérience. « En mer, je me suis posé la question de savoir si cette transat en solo allait changer des trucs chez moi car j’en ai pas mal bavé. Forcément, elle va me faire grandir sur certains plans et si je ne vais pas changer du tout au tout, je crois que je vais désormais moins me prendre la tête à arrondir certains angles », avoue Antoine qui peut être fier d’avoir mené à terme son projet.

Mission accomplie

« Je suis effectivement plutôt content de ça, même si je n’ai finalement pas fait de podium ou de Top 5 », souligne le skipper qui a, de fait, prouvé qu’il était un solitaire accompli en plus d’être un équipier de luxe, ainsi que le confirme Géry Trentesaux, Président du conseil d’administration de GERY TRENTESAUX INVESTISSEMENTS SA dont l’entreprise Custo Pol fondée en 1998 et aujourd’hui dirigée par son fils Nicolas Trentesaux, a apporté son soutien au navigateur pour cette Route du Rhum : « Tout le monde savait qu’Antoine était un excellent marin, un très bon régatier, un joker sur un bateau, mais certains pouvaient avoir des doutes quant à sa capacité à mener à bien un projet comme celui-là. Aujourd’hui, il a rempli sa mission et c’est très satisfaisant d’autant qu’il l’a fait avec panache. Il a fait honneur aux Carpentier. Il est parti en tête, il a traversé les tempêtes, il a été confronté à des galères mais il a fait une très belle course. Devant lui, ce ne sont que des très bons et les trois premiers ont vraiment fait une course incroyable. Antoine, lui, a beaucoup progressé pendant la transat. Il a passé un cap. Il ne faut effectivement pas oublier qu’il n’est pas parti dans les meilleures conditions puisqu’il n’a eu que très peu de préparation mais il a été au bout de son objectif. De mon côté, je suis très satisfait de ce qu’il a accompli et j’ai aussi découvert à travers tous ses messages du bord, un Antoine Carpentier que je ne connaissais pas totalement ». Sûr qu’il n’est pas le seul à avoir découvert de nouvelles facettes d’Antoine, un homme et un marin définitivement bourré de talent.