Transquadra 2017-2018 @Francois Malleghen

Vainqueur de la première étape et favori de la course, Alexandre Ozon a mené la flotte depuis le départ de Madère avec son Bepox 990 Team2Choc qu’il connaît sur le bout des doigts et malgré la perte de son safran tribord il y a deux jours.
Il devance de 40 mn le duo Monin/Belloir sur le Figaro Bénéteau Yuzu qui s’est échappé il y a 5 jours.

Transquadra 2017-2018 @francois Malleghen

Vainqueur de la 1ère étape (qu’il avait également menée quasiment de bout en bout) le Royannais Alexandre Ozon a survolé cette traversée de l’Atlantique, sa première en solitaire, avec brio et bonheur. En tête dès les premières heures de course à la faveur d’une option sud assez radicale, il a ensuite contrôlé ses adversaires et capitalisé sur ses milles d’avance en creusant régulièrement son avance malgré les attaques et la remarquable performance de son premier adversaire, Jean-Pierre Kelbert (Léon), 2e depuis Madère (et également dauphin du Royannais sur la 1ère étape). Le Lorientais a bataillé toute l’étape avec les premiers doubles.

Alexandre Ozon l’emporte donc en temps réel et en temps compensé (le rating du JPK 10.80 de Jean-Pierre Kelbert, attendu vers 22h, heure française, étant plus important que celui du Bepox 990) !
Et, non content de l’emporter, il termine également devant tous les duos, et accroche un nouveau record de transat au blason de la course avec un nouveau temps à battre de 13j 1h 14′ ! … Il s’est même offert le luxe d’arriver au ponton avant sa famille !

Parole au vainqueur en solo
Alexandre Ozon (Team 2 Choc) : « La fin a été très difficile, j’étais vexé, frustré, de ne plus pouvoir exploiter mon bateau à 100% (il a cassé son safran tribord il y a deux jours).

Tu as pris la tête dès les premières heures de course…
« La course s’est jouée dès le départ, j’ai pris une option sud assez « sport », au sud, je me suis même demandé si je n’y étais pas allé un peu fort – il faut avouer que je suis un peu bourrin, en fait (rires) – mais il fallait faire ça. Et, au bout de 2 jours et demi je suis ressorti avec 40 milles d’avance. Après, c’est toujours parti par devant, parce que j’étais dans la zone de vent que j’étais allé chercher ! Et je partais avec… On a discuté un peu avec Jean-Pierre (par mail, pendant la course) et avec son groupe de doubles, ils ont été un peu petits joueurs : ils ne sont pas allés jouer sur le plan d’eau ! Moi je n’étais pas là pour enfiler des perles, j’y suis allé franchement !
Ensuite je les ai contrôlés, parce que je me méfie du Jean-Pierre ! Mais j’étais toujours dans une zone avec 2 à 3 nœuds de vent de plus qu’eux, c’est énorme au portant ! Et puis, sur la fin je me suis envolé. Je savais que j’avais les conditions pour moi. »

C’est une belle surprise ?
« Ça fait 2 ans que je prépare ça, j’avais comme objectif de faire un podium. La victoire, c’est bien sûr encore mieux, j’ai fait ce qu’il fallait pour ça, mais le principal, c’est le podium. »

On te sentait vraiment très heureux sur l’eau !
« Oui, ça fait 11 saisons que je navigue sur mon bateau. Je le connais par cœur, je m’éclate avec, et là pour moi, faire une transat, ma première en solitaire, avec lui, c’était la cerise sur le gâteau !
La première étape, j’angoissais un peu parce que c’était plus un parcours pour Jean-Pierre. Et comme ça c’était bien passé (Alexandre Ozon arrive en tête avec 3h50 d’avance sur son rival) je suis parti sur cette 2e étape en me disant qu’il y aurait plus de match, que je pourrais allumer. Avoir un bateau léger dans de telles conditions est un avantage certain. Un bateau lourd, on casse inévitablement des trucs dans les départs à l’abatée, moi je n’ai absolument rien cassé rien abîmé ! Avant le safran bien sûr. »

Tu t’attendais à finir devant tout le monde ?
« Non mais quand j’ai vu qu’ils commençaient à tous se marquer les uns les autres, j’ai compris que c’était fini pour eux. Ils se sont marqués, ils ne suivaient pas les routages… Du coup, ils ne sont pas allés là où il y avait le plus de vent. Quand j’ai compris ça, j’ai continué à faire ma route et je me suis dit que c’était bon pour moi. C’est comme ça que j’ai quasiment toujours eu plus de vent qu’eux, sauf à un moment où j’étais plus au nord… une bulle bizarre, pas prévue, j’ai pris 40 milles ! Mais après on savait que ça repartait par l’avant. »

Ça donne envie d’aller un peu plus loin ?
« J’ai des idées, mais là pour l’instant, il faut que je digère ces deux derniers jours vraiment durs, amers. »

Parole au duo vainqueur Olivier Monin / Aymeric Belloir (Yuzu)
Olivier Monin : « Le bateau a super bien marché ! Aymeric sait le régler à la perfection. On a mis la toile de circonstance, le bateau poussait, poussait et comme on n’a pas trouvé le frein, on a un peu fait le break avec les autres !
On s’est fait une très belle bagarre avec tout le groupe de doubles, c’était sympa ! On a eu pas mal de contacts VHF, on était à moins de 10 milles pendant 4 jours. Les trois derniers jours ont été franchement toniques. On était sous pilote à 30 – 40 nœuds, c’était vraiment agréable !
On a cassé des petites broutilles mais rien qui empêchait le bateau de naviguer au maximum de son potentiel. On a fait des petites erreurs comme tout le monde. C’est à celui qui en fait le moins.
Intégrité du bateau : 100% ; intégrité des bonhommes : 100% et le ty punch est délicieux !
La vie à bord était sympa, on s’est soignés avec de bons plats et du frais, beaucoup de chocolat, de crêpes. C’est important ! Le défi c’était vraiment de se donner à fond.
Sur la première étape, je découvrais… on a bien marché à partir de Vigo, on avait remonté une dizaine de places sur la fin. J’ai beaucoup appris. »

La performance aura marqué cette édition 2017/2018 de la Transquadra – Martinique en temps réel et fort probablement en temps compensé.

Arrivée du 1er double de la flotte Atlantique, le duo Olivier Monin / Aymeric Belloir (Yuzu) à 17h54′ 00 » (heure française), temps de course 13j 1h 54′ 00 », à 8,44 nds de moyenne. Il pourrait l’emporter aussi au temps compensé, à suivre.

Alexandre Ozon (Team 2 Choc) a passé la ligne de la 2e étape de la Transquadra – Martinique à 16h 14′ 15 » TU (17h 14′ 15 » heure française), temps de course : 13j 1h 14′ 15 », à 8,45 nds de moyenne, le Royannais non content de terminer devant toutes les flottes, s’offre en plus le record de l’épreuve : il le bat de 13h ! Le record était de 13j 18h au départ de Porto Santo, à sa vitesse moyenne de 8,45 nds, il aurait mis 13j 5h 14′ 15 ».