A l’heure du bilan

podium Cap Istanbul 2010
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Cent dix milles sur un total de mille six cents ont suffi pour bouleverser la donne de cette dernière manche du Championnat de France de Course au Large en Solitaire. Soit un peu plus de vingt-quatre heures de course pour exalter le talent de certains et mettre à bas les espoirs des autres. De François Gabart (Skipper Macif 2010), grand bénéficiaire de cette dernière journée à Gildas Morvan (Cercle Vert) qui a laissé ses espoirs de victoire à quai, revue de détail des grands bonheurs et petits malheurs de la flottille.

Côté déçus

Bien évidemment, on pense immédiatement à Gildas Morvan, le skipper de Cercle Vert qui perd gros sur cette dernière étape. Leader de la course au départ de Gallipoli, Gildas pouvait espérer remporter l’épreuve et ajouter à son palmarès un quatri& egrave;me titre de Champion de France de Course au Large en Solitaire. Ses espoirs se sont évanouis dans les calmes de l’île de Marmara. Au final une place de quatrième et le titre de Champion de France qui s’envole. « Et pourtant, j’avais tellement envie de l’accrocher à mon palmarès, celle-là… »
Autre désillusion, celle de Jeanne Grégoire (Banque Populaire) qui espérait bien conserver sa place de quatrième au Championnat de France devant Fabien Delahaye (Port de Caen Ouistreham). La dernière étape l’a reléguée à une heure et trente minutes de Fabien qui, du même coup, intercale deux concurrents au classement général de l’épreuve. Pour garder sa quatrième place, Jeanne devait, au pire, finir la course juste derrière Fabien. Mais intégrer le top 5 n’est pas la pire des punitions.

Entre chèvre et chou

C’est l’éternelle histoire de la bouteille à moitié vide ou à moitié pleine, c’est selon. Pour Isabelle Joschke (Synergie) cette dernière étape est un joli lot de consolation pour clôturer une saison qu’Isabelle elle-même n’a pas jugé à la hauteur de ses espérances. De même, Francisco Lobato (Roff Tempo Team) pourra se satisfaire d’avoir été constamment aux avant-postes et d’avoir souvent tenu la dragée haute aux gros bras de la course. Mais Francisco n’a pas pu confirmer le talent démontré sur l’eau par une victoire d’étape. De plus la dernière manche ruine ses ambitions au classement général. Qu’importe, on retrouvera le Portugais la saison prochaine et nul ne doute qu’avec un peu plus d’expérience, il pourrait accrocher rapidement à son palmarès une épreu ve majeure du circuit Figaro Bénéteau.

Petits et grands bonheurs

Nicolas Lunven (Generali) peut se satisfaire  de ses ambitions retrouvées avec une cinquième place au classement de l’épreuve à la clé, ainsi qu’une victoire d’étape à Athènes. Sa présence constante aux avant-postes de même que sa lucidité, associées à une vitesse retrouvée, ont permis à Nicolas de tenir le rang qu’il mérite.
Autre bienheureux, sans doute, François Gabart (Skipper Macif 2010). Il a fait d’une pierre trois coups en remportant la dernière course, l’épreuve et le Championnat de France de Course au Large en Solitaire. Nul besoin d’être grand clerc pour deviner que le garçon est sur son petit nuage depuis mercredi soir.
S’il en est un autre qui savoure son bonheur en toute discrétion, c’est bien Erwa n Tabarly (Nacarat). Sa dernière étape lui permet de remonter de trois places au classement général de l’épreuve et l’installe à la deuxième place de la WOW Cap Istanbul. Dauphin de François Gabart à Istanbul, Erwan n’en demandait pas tant et avait forcément une pensée pour un Gildas Morvan dont tout un chacun reconnaissait que le résultat n’était pas à la hauteur de ce qu’il avait démontré sur l’eau. Erwan ne pouvait s’empêcher de se souvenir qu’un an plus tôt, à l’arrivée à Marie-Galante, la victoire lui avait échappé de quelques secondes, à la suite d’une course transatlantique d’anthologie, au profit d’un certain Gildas Morvan. La roue tourne, mais la course au large est parfois un jeu cruel.