A moins de 1000 milles de l’arrivée

Generali croise Bretagne CMB Performance

Ils ne sont plus qu’à 1 000 milles de la ligne d’arrivée de Saint-Barthélemy et la tension monte chaque jour d’un cran. Personne ne lâche et le moindre petit mille de gagné sur ses adversaires devient en soi une petite victoire. Rien n’est joué sur cette Transat et ce d’autant que l’arrivée s’annonce piégeuse. Cinq bateaux animent depuis maintenant plusieurs jours la tête de course mais ce sera bien huit bateaux qui potentiellement peuvent encore prétendre à la victoire.

Ce matin moins d’1 mille sépare les deux tandems Morvan/Loison et Hardy/Biarnès ! Sur leurs trajectoires décalées, chaque équipage campe sur sa position espérant bien faire la différence sur le dernier long bord qui les mènera jusqu’à l’arc antillais. Une poignée de milles derrière, Bretagne-CMB Performance, Generali et Gedimat sont loin d’avoir dit leur dernier mot. « Sur la fin, ce ne sera pas très simple dans les îles » confiait Erwan Tabarly à la vacation de 5h du matin. Malgré les voix fatiguées et la difficulté de s’extirper de sa bannette, la tension maintient les skippers en éveil. Aujourd’hui encore, bien malin celui qui pourrait pronostiquer le vainqueur de cette 13e édition de la Transat AG2R La MONDIALE…

Grosse fatigue pour les 14 équipages. Adrien Hardy joint par iridium ce matin ne cachait pas sa difficulté à se réveiller après son sommeil : « Nous sommes fatigués. La journée il fait tellement chaud que c’est dur de dormir dans le bateau. A l’extérieur, on n’est pas bien non plus. Donc on essaye de bien récupérer la nuit ». Après les multiples empannages d’hier après-midi et du début de soirée, les tandems s’appliquent ce matin à conserver le maximum de vitesse sur ce long bord tribord amures qui va désormais les mener jusqu’à l’arrivée. Mais le jeu des chaises musicales risque de continuer jusque dans les eaux cristallines antillaises. Cercle Vert et Agir Recouvrement, en tête de flotte, se sentent toujours aussi menacés par CMB Bretagne-Performance et Generali, deux chasseurs diablement incisifs. Gedimat, lui, poursuit sa route très sud, avec toujours l’espoir d’avoir plus de vent. Les 7 Figaro Bénéteau 2 de tête tentent leur chance et savent bien que le jeu reste très ouvert. Parions sur un final des plus serrés !

212 milles en 24h pour Cuisines Ixina
En queue de peloton, le vent pousse les trois derniers tandems plus vite que les leaders. Ainsi Tanguy Le Turquais et Hervé Aubry glissent à plus de 9 nœuds, bien décidés à réduire l’écart. Dans cette autre course dans la course, Free Dom Services à Domicile a repris l’avantage sur Lorientreprendre qui se situe tout de même à 939 milles de Cercle Vert. Les 14 équipages de la Transat AG2R LA MONDIALE sur cette troisième semaine de régate ne lâchent rien car il s’agit bien d’arriver le plus vite possible. Les marins sont d’abord des compétiteurs quelle que soit la longueur du parcours.

 

VACATIONS / ILS ONT DIT

Adrien Hardy, skipper de Agir Recouvrement : « Depuis le début de la nuit vers deux heures, nous avons empanné pour un grand tribord amure vers l’arrivée. C’était les derniers calages. Le vent est rentré, on a 15 à 17 nœuds de vent. C’est plus facile de faire marcher le bateau. Les adversaires sont revenus hier dans la journée. Ça montre que c’est difficile. Les écarts vont se faire et se défaire. Il faut être vigilant et concentré. Globalement, c’est le dernier bord tout droit vers les Antilles. Il y aura peut-être un recalage vers la Guyane. Nous sommes fatigués. La journée il fait tellement chaud que c’est dur de dormir dans le bateau. A l’extérieur, on n’est pas bien non plus. Donc on essaye de bien récupérer la nuit. Il peut y avoir peu de vent sur l’arrivée. Mais pour l’instant nous n’en sommes pas là. On ne se projette pas jusque-là car on a suffisamment à faire en ce moment. »

Erwan Tabarly, co-skipper de Gedimat : « On a toujours une quinzaine de nœuds de vent, un peu plus que ce qui est prévu. On devait passer une zone où il n’y a pas trop de vent mais finalement ça n’avance pas trop mal pour nous sous spi. On fait Cap à l’ouest. La lune nous éclaire on n’a même pas besoin des frontales pour se déplacer sur le bateau, on voit très bien. Il y aura peut-être des petits recadrages à faire en bâbord mais il y a 90% minimum de tribord à faire. Sur la fin, ce ne sera pas très simple dans les îles. On sera certainement vent arrière avec des possibilités d’empannages pour rejoindre Saint-Barth mais d’ici là, nous sommes installés dans les alizés au portant. Nous nous sommes un peu décalés des trois autres bateaux qui sont assez proches. On espère que ça va payer un peu. Si on l’a fait, c’est que nous avons bon espoir d’avancer un peu plus vite qu’eux. Nous sommes toujours à 100% sur le bateau, on y croit encore mais on sait que ça ne va pas être facile. Nous avons bien investi dans le sud, ça nous a bien rallongé la route. Ce n’est pas simple de se réveiller toutes les deux ou trois heures. Il y a des moments où ça va et des moments où on met du temps à être opérationnel. Heureusement, on y voit très clair la nuit donc ça nous tient bien éveillé. Nous faisons des quarts assez longs donc quand on dort, on récupère vraiment bien et on limite le nombre de réveils par jour. Il n’y a plus trop de sargasses. On en récupère à chaque quart mais c’est une de temps en temps. On regarde la quille par le hublot. Quand il y en a, on utilise la corde à nœuds. Mais il n’y en a pas des paquets. J’ai fait des transats où nous en avions plus que ça. C’est serré. Nous sommes cinq bateaux avec Gildas dans une bataille rude. C’est assez investi. Les écarts à l’arrivée ne seront pas très importants. On espère que les bateaux plus nord auront moins de vent dans les deux à trois prochains jours. »

Milan Kolacek, skipper de Fulgur Evapco : « On est sous spi dans 12 à 15 nœuds. On n’a pas trouvé le bon réglage donc on a perdu un peu de terrain. On fait une option nord car si on continue, on va perdre encore du terrain. C’est une route plus courte. On va jouer un peu plus avec les autres. La mer est calme. Il n’y a pas de vagues. On a fait plusieurs empannages pour jouer les bascules de vent même si elles étaient faibles. Ça commence à être long, nous ne sommes pas trop fatigués. On voit l’arrivée qui approche, ça nous motive. On veut arriver le plus vite possible. Le jeu reste ouvert, des choses vont se passer sur l’arrivée. Il y aura des opportunités pour reprendre du terrain sur les autres. Nous sommes contents de notre course. Nous ne sommes pas très loin des meilleurs figaristes. »

LE CLASSEMENT 20 AVRIL 5H00
1-CERCLE VERT (Gildas Morvan – Alexis Loison) à 1 059,41 milles
2-AGIR RECOUVREMENT (Adrien Hardy-Vincent Biarnes) à 0,92 milles
3-BRETAGNE CMB PERFORMANCE (Sébastien Simon – Xavier Macaire) à 6,19 milles
4-GENERALI (Nicolas Lunven – Gildas Mahé) à 10,75 milles
5-GEDIMAT (Thierry Chabagny-Erwan Tabarly) à 27,49 milles

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.