Renault ZE Arrivée Barcelone
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C’est peu dire qu’ils étaient contents. Antonio Piris et Pachi Rivero semblaient sur une autre planète en débarquant sur le ponton d’honneur du port de Barcelone. Cette place de troisième, les deux navigateurs de Renault Z.E. voulaient la goûter avec avidité. Il faut dire qu’ils savent d’où ils reviennent. Partis, on ne peut plus mal, les deux complices se laissaient engluer dans des calmes au large des Baléares… Tentant de refaire son retard, le long de la côte espagnole, Renault ZE ne faisait qu’aggraver la punition quand les premiers filaient à raser les côtes d’Afrique du Nord. Résultat : douzièmes à Gibraltar, Pachi et Antonio avaient déjà brulé quelques cartouches. Toute la descente de l’Atlantique ne fut dès lors qu’une remontée progressive aux avant-postes : onzièmes aux îles du Cap Vert, neuvième à l’heure de franchir l’équateur, ils entrent dans l’océan Indien en cinquième position après le démâtage de Foncia. Devant, en ligne de mire, les deux bateaux rouges Estrella Damm et Groupe Bel sont à 150 milles. Hélas pour eux, la météo ne leur est pas favorable dans l’océan Indien et à la hauteur du cap Leeuwin, leur retard monte à 400 milles sur Groupe Bel et 700 Milles sur Estrella Damm. C’est d’ailleurs là que se révèle toute la solidité du tandem Pachi Rivero – Antonio Piris. Sans véritable adversaire derrière, hors de portée de leurs prédécesseurs, les deux hommes continuent de mener leur bateau comme s’l s’agissait d’une régate au contact.

Ateliers de bricolage
Ils ne sont pas épargnés non plus par les avaries. Mais, Pachi a été à bonne école durant la Transat Jacques Vabre avec Yves Parlier. Chaque jour, le navigateur français établissait une check-list des points à vérifier, des travaux d’entretien à faire. Pachi a donc appliqué à la lettre les recettes apprises au contact de Yves. Chaque jour ou presque, Pachi Rivero prépare sa petite liste de menus travaux. Fort du vécu de constructeur naval d’Antonio Piris et de l’inventivité de Pachi Rivero, l’équipage fait des miracles. Cet entretien quotidien, cette capacité à résoudre les équations matérielles les plus complexes fait qu’à l’heure d’arriver dans le détroit de Cook, Renault Z.E. n’a pas besoin de faire escale. Devant lui, seul MAPFRE n’a pas fait le détour par Wellington. Les deux navigateurs saisissent l’occasion de s’emparer de la troisième place aux dépends de Groupe Bel et d’Estrella Damm. Ils ne la lâcheront plus. Quand ils franchissent le cap Horn, leurs poursuivants sont à presque 500 milles de distance. Mais la remontée de l’Atlantique sud se révèle complexe puisque à quelques journées de l’arrivée dans le Pot au Noir, Estrella Damm est revenu à 80 milles. Mais le Pot au Noir puis la remontée de l’Atlantique nord vont permettre au duo de Renault Z.E. de creuser à nouveau l’écart.

A moins de 500 milles de l’arrivée, Pachi et Antonio vont vivre leur pire journée de navigation depuis le départ de ce tour du monde. Des vents d’est montant jusqu’à 60 nœuds, une mer hachée avec des vagues pyramidales provoquées par le vent buttant contre le courant général d’ouest en est, entre Atlantique et Méditerranée, un trafic dense entre les différentes routes de cargos, Renault Z.E. va vivre une sorte d’enfer avec, en filigrane, la crainte de l’avarie matérielle qui pourrait tout remettre en cause. Ce n’est qu’hier, une fois le vent calmé, quand les deux complices ont pu vérifier qu’Estrella Damm n’avait plus les moyens de revenir, que Pachi et Antonio ont pu enfin savourer ce podium qui les attendait.

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