Caffari et Corbella
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Les premiers jours de course ne sont pas faciles. Les filles, comme la plupart des équipages, ont beaucoup de difficultés pour sortir de la Méditerranée. Elles oscillent entre la troisième à la onzième place. Le vent allait se jouer des filles au niveau du détroit de Gibraltar et les courants contraires font reculer GAES Centros Auditivos. Cette même nuit, Anna Corbella est contrainte de plonger à l’eau, couteau à la main, pour se défaire des filets de pêches pris dans la quille.

A partir du 11 janvier, Renault Z.E. livre une bataille sans merci avec les filles en se partageant tour à tour la neuvième et la dixième place. Jean Le Cam et Bruno Garcia sur Président abandonnent, offrant une place au classement à Gaes Centros Auditivos qui, dans le même temps, négocie à la perfection un Pot au Noir particulièrement coopérant. Les filles gagnent tranquillement du terrain et enregistrent même la plus belle progression de la flotte, le 18 janvier, en parcourant 250 milles en 24 heures.

« Nous somme devant un mur », déclare Anna Corbella, moins de trois jours plus tard. L’anticyclone de Sainte Hélène montre son plus mauvais visage et capture les filles dans ses griffes. Elles parviennent finalement à sortir de l’Atlantique dans un groupe composé de Hugo Boss, We Are Water, Central Lechera Asturiana et Fòrum Marítim Català.

Le 6 février, GAES Centros Auditivos, 8ème, et Hugo Boss entament une longue chasse (la plus longue de la Barcelona World Race 2010-2011), au terme de laquelle les filles sortiront gagnantes après l’arrêt aux stands des Malouines de leurs rivaux.

Premiers problèmes

Tout au long de la course, Dee Caffari et Anna Corbella affichent une bonne humeur constante, mais le 11 février, Dee avoue sa déception de voir des bateaux comme Renault Z.E. ou Neutrogena, un temps derrière elles, désormais échappés très loin devant.
Une semaine plus tard, GAES Centros Auditivos déplore son premier problème : le système informatique du bateau est hors service. Dee Caffari et Anna Corbella n’ont plus de pilote automatique, plus d’instruments de navigation et d’ordinateurs pendant 6 heures. Dee Caffari et Anna Corbella confessent le 22 février être dans la cabine « en mode survie » face aux énormes vagues et aux forts vents rencontrés au sud est de l’île de Tasmanie : de 40 à 50 nœuds, avec des rafales de 60 et des vagues de 6 à 10 mètres.

Après le passage du détroit de Cook, c’est un cyclone cette fois, nommé Atu, qui barre leur route. Les filles sont obligées de ralentir la cadence pour laisser passer la tempête et éviter le centre dépressionnaire. Dans un courrier envoyé du bord elles confient : « c’est plus difficile qu’on l’imaginait ! ». En faisant cap plein nord, elles échappent tout de même au pire et retrouvent des vents favorables qui soufflent tout de même à plus de 40 nœuds. « Le pire c’est l’état de la mer, totalement chaotique », explique Dee qui fait état de vagues de huit à dix mètres.

Le 10 mars, Gaes Centros Auditivos entame son approche du Cap Horn. C’est le quatrième pour Dee Caffari et le premier pour Anna Corbella. A 01:45 heure espagnol, les filles font d’une pierre deux coups : elles franchissent le Cap et doublent Hugo Boss. Dee et Anna sont alors septièmes, Groupe Bel ayant abandonné à Ushuaïa suite à une avarie de quille.

Une fin de parcours semée d’embûches

Quelques jours plus tard, leur système de communication pose à nouveau problème et récolter des données météorologiques se transforme en véritable casse tête. Mais plus grave encore, l’un des ballasts se vide à l’intérieur du bateau, c’est l’inondation ! Très vite le problème se transforme en une avarie beaucoup plus sérieuse, la structure de la coque est endommagée. Dee et Anna doivent se rendre à l’évidence : il leur sera impossible d’arriver à Barcelone sans réparer. Le 26 mars, elles décident de profiter du passage du Pot au Noir pour s’arrêter au milieu de l’océan et faire un peu de strat.

Deux jours plus tard, à 10h30, heure espagnole, GAES Centros Auditivos devient le sixième bateau de la flotte à faire son retour dans l’hémisphère nord. Débutent alors de longues journées au près en direction de Gibraltar. Sans rival direct, ni devant ni derrière, elles font leur retour en Méditerranée dans la nuit du 9 avril. La remontée vers Barcelone est rendue compliquée par de nombreuses zone de calmes qui jouent avec les nerfs des filles. C’est finalement le 13 avril au petit matin à 09h 17min 18sec, après 102 jours, 19 heures, 17 minutes et 18 secondes de mer, que les « chicas » en terminent avec leur tour du monde. Anna Corbella devient par la même occasion la première femme espagnole à terminer un tour du monde en course sans escale. Dee, quant à elle, ajoute un nouveau tour du monde à son cahier de navigation déjà bien fourni. C’est le quatrième que l’Anglaise boucle : 2 à l’endroit, 2 à l’envers !

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