Mike Golding sur Gamesa
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« Que veux tu faire, on ne peut pas avancer vite là-dedans ! » se lamentait hier Jean Le Cam en filmant un océan Indien non pas énorme mais totalement désorganisé. Haché court. Mal pavé. Ingérable. Une mer casse bateaux pour reprendre les mots du skipper de Synerciel. Logiquement, le bilan comptable n’est pas très rose pour Jean : 147 milles de perdus sur la tête de course en seulement 24 heures, chiffres quasi identique pour le Britannique Mike Golding (Gamesa) et, un peu plus en arrière, pour le Suisse Dominique Wavre (Mirabaud).  Surtout, l’hémorragie est toujours en cours : ce mercredi matin le trio des chasseurs peinait à atteindre les 13,5 noeuds pendant que le quintet de tête cavalait toujours à 19 noeuds…

A ce rythme, on perd donc 55 milles toutes les dix heures. En outre, l’écart au leader qui était de 560 milles à Bonne Espérance a grimpé aujourd’hui à 820 milles. Et il est plus que probable, pour ne pas dire certain, qu’il va passer au-dessus du millier de milles d’ici ce week-end, notamment parce que l’arrivée des restes du cyclone Claudia sur la zone de course va perturber bien davantage le trio des chasseurs que le club des cinq de devant. Les calculs sont rapides : 1000 milles de retard à moins de 15000 milles du but c’est beaucoup. La (très) grosse journée de mer de retard est en train de se transformer en deux jours, voire deux jours et demi.

A contrario, c’est évidemment  tout bon donc pour les cinq de devant. Ceux-là peuvent déjà s’imaginer que, selon toute vraisemblance, ils ne seront pas rejoints d’ici le cap Horn. Ce matin, François Gabart et Armel Le Cléac’h sont à moins de 700 miles de la prochaine « marque », à savoir la porte Australie Ouest. Eux et leurs trois camarades d’échappée – Jean-Pierre Dick, Bernard Stamm et Alex Thomson, donc – semblent être en capacité de glisser à haute vitesse vers 45° (Australie Est) puis 50° Sud (Australie Ouest, au sud de la Tasmanie) sans être freinés, ou très peu, dans les jours qui viennent.

C’est toujours la même histoire impitoyable des riches qui s’enrichissent encore … et peuvent se frotter les mains d’avoir réussi un premier break important. Sur le sentier de la guerre indienne, il y a des Apaches mieux lotis que les autres.

Bruno Ménard

Classement de 5h
 1         François Gabart Macif à 14 745.4 nm
 2         Armel Le Cléac’h Banque Populaire à 18.4 nm
 3         Jean-Pierre Dick Virbac Paprec 3 à 81.4 nm
 4         Bernard Stamm Cheminées Poujoulat à 140.1 nm
 5         Alex Thomson Hugo Boss à 185.0 nm
 6         Mike  Golding Gamesa à 803.5 nm
 7         Jean Le Cam SynerCiel à 822.5 nm
 8         Dominique Wavre Mirabaud à 1010.1 nm
 9         Javier Sanso Acciona à 1681.8 nm
 10       Arnaud  Boissières Akena Verandas à 2064.5 nm

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