900 nautiques. Victoire de Clément Giraud sur une course épique

La 10ème édition des 900 Nautique organisée par la Société Nautique de Sanit-Tropez aura été épique. 2 bateaux sont parvenus à franchir la ligne d’arrivée sous voile sur 30 bateaux au départ…. et ce sont 2 des 3 Imoca avec un première victoire à la clé pour Clément Giraud qui effectuait sa première course en solo sur son nouvel Imoca et son projet Envol en vue de participer au prochain Vendée Globe.

Après une superbe première étape au portant vers la Corse, les navigateurs ont affronté une descente assez musclée à l’Est de l’île avec des rafales avoisinant parfois les 50 nœuds. Face aux conditions météorologiques qui se renforçaient entre la corse et le continent, la direction de course menée par Georges Korhel a décidé de neutraliser la course pour les groupes des solos et duos au Sud de la Corse ainsi que pour les équipages au sud de la Sardaigne.
Le classement effectué sur l’heure de passage des concurrents à la porte sous la Corse donne donc les vainqueurs en temps compensé. La flotte étant resté très homogène durant la course, cela s’est joué à un mouchoir de poche.
Seuls encore en course, les trois Imoca avec Alexia Barrier, Clément Giraud et les frères Destremau ont livré une belle bataille avant l’abandon d’Alexia Barrier sur 4MYPLANET sous la Sardaigne suite à la fissure du puit de dérive bâbord.

HOKUA, WALILI et PROJET ENVOL vainqueurs dans leur groupe
Chez les solitaires, Franck Paillet sur HOKUA termine premier devant Laurent Camprubi sur ALKAID 3 et Arnaud Vuillemin sur JUBILATIONS.
Du côté des équipages en double, le duo père fils, Richard et Marius Delpeut, remporte la victoire sur WALILI devant le duo beau-père / beau fils, Olivier Romand et Julien Bour sur JOOPE et le tandem Damien Lapauw et Yannick Blandin sur STARDUX.

Dans le groupe des IMOCA, Clément giraud sur PROJET ENVOL franchi la ligne d’arrivée ce jeudi 28 mars 2019 à 12h21 et prend la première place du podium. Les 900 Nautiques était pour ce jeune marin de 38 ans, une toute première prise en main de sa machine de course de 60 pieds dans des conditions très variées et difficiles. Un bilan positif pour l’avenir et son projet de participation au Vendée Globe 2020 où il faut accumuler un maximum de milles nautiques pour être sélectionné.

Pour le duo Hugues et Jean-Guillem Destremau sur FACEOCEAN, la partie est rude avec un problème de pilote automatique mais ils devraient franchir la ligne d’arrivée dans la soirée ou dans la nuit de jeudi à vendredi.
La remise des prix au Club house de la Société Nautique de Saint-Tropez, dimanche 31 mars, récompensera les vainqueurs avec une pensée particulière pour l’équipage en double de Bernard Couston et Pierre Ortolan qui, suite au dématage du voilier, ont été pris en charge par la SNSM de Bonifacio avant d’être hélitreuillés en mer par l’escadron de Solenzara au Nord de la Sardaigne.


Ils ont dit :

Clément Giraud sur PROJET ENVOL :
« Cette nuit ça glissait dans un vent stable, c’était fabuleux. Je suis heureux du résultat mais surtout fier d’avoir fini cette première course et ramené le bateau. On a eu des conditions difficiles notamment au passage des Bouches de Bonifacio. Le vent était nul. Il y avait de la mer. Le bateau tapait. Puis tout à coup, le vent s’est levé brutalement pour atteindre 37 à 38 nœuds. Au Sud de la Sardaigne et toute la journée d’hier c’était aussi très engagé, j’ai navigué avec 3 ris et J3 (petite voile d’avant) dans 35 nœuds de vent. Je suis content d’avoir testé le bateau dans des conditions dures, alors que je suis encore en phase de découverte. Il y a quelques bricoles à faire mais rien de grave. J’ai testé toutes les configurations de voiles et déchiré légèrement mon J2 (la voile d’avant la principale du bateau). Je suis aussi satisfait du rythme que j’ai trouvé. C’était l’un de mes objectifs. J’ai un peu forcé à un moment, quand j’ai manœuvré toute la nuit, mais j’ai pu retrouver le rythme après. »
Je dois progresser vraiment sur la navigation pure. Faire la relation entre les fichiers météo, les routages et les conditions réelles. Surtout en Méditerranée où on n’a jamais le vent annoncé… Je dois me faire davantage confiance en stratégie, en tactique ».
Clément naviguait en « faux solo ». Il avait embarqué Rémi Beauvais son préparateur et mediaman qui avait la double mission : faire des images et observer faits et gestes du skipper. « Rémi n’a touché à rien. Il était là en spectateur attentif, c’était difficile pour lui… Même lorsque je suis tombé dans une zone de molle, au Cap Corse, il l’a vu et ne m’a pas réveillé !!! Dès demain, nous allons refaire le film de la course, débriefer sur les transitions, les manœuvres, les décisions que j’ai prises, le rythme, etc… C’est vraiment intéressant pour progresser ».
Dès la mi-avril, Clément et son « Envol » mettront le cap sur la Bretagne pour disputer le Grand Prix Guyader de Douarnenez, en équipage, du 4 au 6 mai. Puis ils enchaîneront sur la Bermudes 1000 Race, course phare du calendrier IMOCA : 2000 milles en solitaire, départ de Douarnenez, retour à Brest en passant par le Fastnet Rock et les Açores.

Hugues et Jean-Guillem Destreau sur FACEOCEAN à quelques milles des côtes
« Il nous reste encore 100 milles en direct (180 kilomètres) et on plante des pieux au près. Y a pas tempête mais on se fait bien branler par la mer. Ça secoue pas mal.
Plus de pilote automatique depuis Sud Sardaigne donc on se relaie à la barre. Il ne fonctionne pas correctement, sans doute un problème de compas. On a tout essayé avec les moyens du bord mais il est en rideau.
La descente était très sympa et on était content d’être dans le match. On ne savait pas pour l’abandon d’Alexia (4myPlanet), c’est dommage c’était chouette cette bagarre
Clément (Envol) a fait une super remontée tout en puissance et il mérite largement de gagner cette 900Nautiques. Bravo à lui et à son équipier. Ils ont fait une très belle 2ème partie de course
On va se la jouer tout au moral car on n’a vraiment pas l’impression d’avancer comme on aimerait et on a bien vu que les autres sont bien plus rapides… Le bateau va bien à part ces problèmes d’électroniques. On se relaie a la barre, on mange on dort… Pas de temps pour rêvasser, ou pour écrire des romans. »