73 nœuds, plus de 135 km/h de vent, c’est le record enregistré par Éric Bellion pendant la tempête qu’il vient de traverser au large du Portugal. N’ayons pas peur des mots, c’est donc un ouragan que vient d’essuyer le premier bizuth de la flotte et sans doute l’une des plus fortes tempêtes rencontrées – tous skippers confondus – dans cette édition du Vendée Globe. « J’ai quelques images assez dantesques dans la tête » relate Éric qui n’avait jamais connu de telles conditions de toute sa vie. Même en réduisant au maximum la voilure, le bateau a été malmené et s’est couché à plusieurs reprises dans les grains et le mât aurait pu rompre lors d’une sortie de piste particulièrement violente. « J’ai eu beaucoup de chance » reconnait Éric qui a vu passer des murs d’eau dépassant les 10 mètres. Il bénéficie maintenant de conditions plus maniables mais qui flirtent toujours avec les 50 nœuds (100 km/h). Même si le pire est derrière lui, la route des Sables d’Olonne n’est pas dénuée d’embuches et le Cap Finisterre, qu’il passera d’ici 24 heures, reste un gros morceau avec du vent de face et une mer formée. La traversée du Golfe de Gascogne se fera au près avec encore quelques virements de bord. Les 600 milles théoriques qui le séparent des Sables d’Olonne sont donc à multiplier par deux environ mais tout se prépare, en Vendée, pour l’accueillir le premier bizuth en début d’après-midi.
DECLARATION

« Je suis toujours en fuite mais vers la maison, c’est bien. Ça a été dur. Le pire a été pendant le début de la dépression. La première nuit a été terrible, dantesque. Je n’ai jamais eu autant de vent de toute ma vie de marin. J’ai vu jusqu’à 73 nœuds de vent ! J’ai fait une dizaine de départ au tas avec le bateau couché en travers de la route. J’ai aussi connu deux départs à l’abattée dont un très sévère, de nuit. J’ai eu beaucoup de chance. J’aurais pu démâter. J’ai quelques images assez dantesques dans la tête avec le ciel noir, la mer noire et un train de déferlante qui me fonce dessus. Certaines vagues devaient dépasser les 10 mètres. J’ai encore 40 à 50 nœuds de vent mais la mer est calmée et je vais bientôt renvoyer de la toile. Il reste encore des conditions dures, notamment le passage du Cap Finisterre mais une fois qu’il sera passé, je pourrais commencer à y croire. »

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