Yoann Richomme vainqueur de la première étape

@ Alexis Courcoux

Yoann Richomme (Hellowork-Groupe Télégramme) remporte la première étape (Nantes Kinsale) de cette 50e édition de la Solitaire Urgo Le Figaro après avoir franchi la ligne d’arrivée ce jeudi à 20h00. Il aura mis 4 jours, 3 heures et 35 minutes 8 secondes pour boucler les 545 milles du parcours via le phare du Fastnet à la moyenne de 5,47 noeuds. Le podium est complété par Tom Laperche (CMB – Bretagne) 1er bizuth et par Pierre Leboucher (Guyot Environnement), dans le même même ordre que le passage au Fastnet dans l’après-midi.

Yoann Richomme, partit de Nantes sur cette Solitaire sans pression mais avec l’envie de gagner comme un compétiteur, aura su faire les bons choix, trouver les bonnes trajectoires et accélérer au bon moment à l’approche du Fastnet.
« Je suis complètement déphasé.L’arrivée est magique, on en a pris plein les yeux tout le long de la côte et j’ai plein de beaux souvenirs ici. C’est la plus grosse prise de décision que j’ai eu à faire. Un jeu aussi ouvert sur un espace aussi grand. Il fallu prendre des risques, faire de vraies analyse météo et on s’est éclaté. Ne pas trop ou savoir où tu en es et où sont les autres, on n’a pas ça sur les autres courses et c’est super. Quand on passe le DST, il y avait une sacré liste de facteurs à mettre sur la table. C’était important de bien choisir et ce qui était dur c’est que la plupart des très bons ont faire l’inverse de ce que je voulais faire. J’avais l’impression d‘avoir compris le schéma, alors je m’y suis tenu. J’étais pas très en avance mais j’avais une belle vitesse et hier soir au classement, j’ai compris que le groupe à l’Ouest était passé derrière. Je suis venu sur cette Solitaire sans pression, je l’ai gagné. Je suis venu pour m’éclater, ça s’est décidé il y a deux mois et l’ambition c’était éventuellement de gagner une étape. Alors, disons que j’ai déjà réussi ma Solitaire. En tous cas, je suis très ému de remporter une étape comme ça »

Tom Laperche CMB-Bretagne Espoir, deuxième de l’étape et 1er bizuth marque les esprits. Il aura tenu le bon rythme et ce jusqu’au bout pour gagner cette deuxième place méritée.
« C’est sympa d’avoir ces petits mots de Yoann. Corentin Douguet a dit des choses sympa aussi à la VHF. Je connais pas très bien les palmarès de la course mais je crois qu’il n’y en pas beaucoup qui ont fait ça : Laurent Bourgnon, Armel Le Cléac’h, Morgan Lagravière peut-être. Bien sûr, je ne suis pas venu faire du Figaro pour ramasser les bouées. Tu sais qu’il y a des possibilités de jouer devant. Mais là, c’était pas l’entrainement ou une après-midi dans la baie, c’était quatre jours et je suis super fier. J’ai été capable de gérer le rythme, de tenir quatre jours et quatre nuits sans trop de problème. En vitesse, je trouvais les cibles assez facilement. Il s’est passé plein de choses, à côté de la course elle-même. C’était la première fois que je plongeais par exemple. A Penmarc’h, je me suis retrouvé en apnée sous le bateau à enlever 1,50 m d’algues. Après, je me suis fait réveiller par le bruit de moteur d’un pêcheur qui allait me rentrer dedans. Je pousse la barre en grand et ça passe, c’est comme ça… Je suis super heureux. Souvent sur l’eau déjà, je me disais que c’était une chance énorme d’être là. Ce matin, j’ai eu deux ou trois échanges avec Yoann à la VHF et on a commencé à apercevoir la côte vallonnée, c’était magnifique. Ça brillait avec le soleil qui se levait, il y avait une centaine de bêtes dans l’eau. J’ai eu plein de bons moments en plus de la compétition. J’ai pas vraiment eu de moments durs. Parfois j’allais pas très vite comme à Ouessant.
J’ai passé beaucoup de temps à regarder la météo, j’ai étudié les cartes que j’ai pu récupérer. J’ai vu cette dépression, la courbure de l’isobare, je me suis dit que c’est ce qu’il fallait aller chercher. J’ai pas compris pourquoi les autres sont partis à l’Ouest. Mais ceux qui sont loin aujourd’hui au classement sont très fort et ils seront là sur les prochaines étapes. »

Pierre Leboucher, 3e sur Guyot Environnement aura été l’un des animateurs de cette étape.

Pierre Leboucher (Guyot Environnement), troisième à Kinsale
Je n’avais pas de VHF qui fonctionnait bien donc je ne savais pas où j’en étais mais la trajectoire avait l’air pas mal. J’ai su que j’étais encore en tête ce matin car quand j’étais à côté de Yoann il m’a refilé des infos, mais je me suis fait passer sur la fin…On a joué jusqu’à la fin c’était sympa. J’ai passé le Fastnet troisième, j’ai eu de l’espoir sur deux petits coups mais finalement, je finis troisième.
C’est mon premier podium donc je suis super content ! Mine de rien il y a quand même du beau monde sur cette édition. Quand on regarde un peu les classements, il y a ceux qui ont pris des plombs, ceux qui ont bien navigués, d’autres qui sont remontés d’on ne sait trop où. On n’a pas eu des conditions trop musclées, je pense qu’avec 10 nœuds de plus ça aurait été différent. On a eu des conditions plutôt très clémentes pour remonter la mer d’Irlande, tous les caps, on a pris juste un grain à moins de 30 noeuds. Ce nouveau bateau ouvre vraiment au jeu, que ce soit au près ou au portant, les bateaux sont sensibles à la force de vent comme à l’angle.
J’étais sous la flotte mais je voulais aller chercher du nord donc j’ai appuyé mes options pour gagner en rapidité, et pas viré comme les premiers. Si j’arrive à trouver la vitesse ça sera vraiment bien !