Petits airs dans la 3e étape

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Les Figaros au passage du Cap Finisterre lors de la 3eme etape de la Solitaire URGO Le Figaro 2018 entre Portosin (Esp) et Saint Gilles Croix de Vie - le 08/09/2018

Le départ de la 3e étape a été donné ce samedi à 14h de Muros de Noia direction les Chiens Perrins à l’Ile d’Yeu avant une arrivée à Saint-Gilles-Croix de vie. Comme prévu, le vent a été léger, très léger obligeant les 36 solitaires a profiter de la moindre risée pour tenter de rallier le Cap Finisterre. Après 19h de course, ils se trouvent au large de la Corogne et avancent à moins de 5 nds dans des conditions qui les obligent à être en permanence au réglage.
Alors que le phare de Villano est déjà dans les tableaux arrière, les trente-six solitaires ont joué au yoyo toute la nuit dans une brise qui a toujours eu du mal à s’établir dès la sortie de la ria de Muros de Noia. Tandis que Pierre Quiroga avait mené la danse jusqu’au cap Finisterre, la nuit a quelque peu chamboulé la donne avec le retour aux avant-postes de Sébastien Simon, actuel leader au classement général. « Une fois rien… C’est rien. Deux fois rien… Ce n’est pas beaucoup. Mais trois fois rien, c’est déjà quelque chose ! Maintenant si vous multipliez trois fois rien par trois fois rien… Cela fait : rien de neuf ! » narrait Raymond Devos. Ce n’est pas tout à fait le cas auprès des côtes galiciennes car si le vent a joué les filles de l’air toute la nuit ou presque, il y a eu quelques rebondissements nocturnes et surtout des retours gagnants selon les choix tactiques. En fait, savoir d’où vient la brise lorsqu’on ne voit rien ou presque n’est pas une sinécure : il faut s’appuyer sur son expérience pour décider quand et où il faut s’écarter des rives.

Dans un premier temps, le jeune Pierre Quiroga (Skipper Espoir CEM-CS) a fort bien manœuvré en se glissant le long des falaises galiciennes, à peine la ria de Muros de Noia avalée : il n’y avait alors que rien dans l’air et il fallut patienter une bonne heure avant que les étraves ne s’ébrouent. Il emmenait avec Lui Charlie Dalin et Benjamin Dutreux. À ce stade, Gildas Mahé (Breizh Cola) menait au centre du plan d’eau quand Sébastien Simon (Bretagne CMB Performance), Xavier Macaire (Groupe SNEF) ou Alexis Loison (Custo Pol) étaient franchement empétolés un peu plus au large.

De légers décalages

Alors pour se sortir de cette nasse sans vent ou presque, pas d’autres solutions que de choisir son camp : soit raser les reliefs abrupts comme Pierre Quiroga qui semblait trouver une similitude avec les côtes méditerranéennes, soit prendre le large (enfin à quelques milles seulement) comme Éric Péron (Finistère Mer Vent), histoire de toucher un brin de nouveau vent. De fait, ce n’est que vers 2h30 que les premiers ont pu franchir la latitude du cap Villano, devenue la référence pour le passage Radio France et trois heures plus tard, la flotte très ramassée, continuait à tirer des bords pour gagner vers le Nord-Est, vers l’entrée de La Corogne.

Au gré des baies et des criques qui ouvrent quelques opportunités, il n’y avait de fait qu’un mince écart entre le leader et le 23ème, Pierre Leboucher (Guyot Environnement) qui avait pourtant animé le début de course. Mais le danger pouvait fort bien venir du large où Éric Péron suivi par Xavier Macaire, tentait de s’extirper du peloton avant le lever du jour, vers 8h00 où une brume les attendait. Les écarts sont tellement minimes en cette première nuit que la suite s’annonce encore incertaine. Ce matin, les skippers vont traverser la baie de la Corogne. Un groupe emmené par Eric Peron plus au large semble profiter de plus de pression alors que près des côtes, la molle semble s’être installée. A 18 milles du passage du Cap Finisterre ouvrant le Golfe de Gascogne, on y verra déjà un peu plus clair sur les options de chacun.