Imerys sous la pression

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Loin d’être une course facile, la Transat Jacques Vabre n’épargne pas les deux skippers du Class40 Imerys Clean Energy, Phil Sharp et Pablo Santurde. Mis au défi dès les premiers jours par les nouveaux et plus rapides Class40 Carac, Aïna et V & B, Phil et Pablo ont repris leur avantage mardi soir alors que la météo devenait difficile et la course d’autant plus technique et tactique.
Bien que les conditions à bord semblent très compliquées, Phil ne lâche rien « Depuis dimanche, nous avons vécu un début de course plein d’adrénaline. Nous avons traversé des conditions très difficiles avec de nombreux grains vraiment instables : vous naviguez avec 20 nœuds de vent et la seconde suivante vous avez 30 nœuds ! Depuis le départ les conditions sont tellement rapides et variées, que nous avons établi une organisation rigoureuse à bord. Le contraste est immense avec la vie normale à terre. Nous mangeons, dormons, naviguons, faisons des réparations, et tout cela en nous faisant asperger ! Et pour rendre les choses à bord un peu plus difficiles, nous avons eu de graves problèmes techniques avec nos systèmes de communication.  »

Après avoir passé un temps considérable à développer et à tester les systèmes électroniques embarqués avant le départ, perdre l’accès aux fichiers météos est une grande contrariété pour le duo qui navigue actuellement par vents violents dans une mer très agitée. « La deuxième nuit de course, notre toute nouvelle girouette a décidé de cesser de fonctionner. Nous l’avons remplacé et tout semblait fonctionner… c’est du moins nous pensions. Mercredi matin, l’antenne flambant neuve a lâchée à son tour, ce qui signifie que nous ne sommes plus en mesure de télécharger de nouveaux fichiers météos. Sans aide extérieure autorisée, cela a complique les choses ! Comme notre principal système de communication est en panne, nous essayons de configurer notre téléphone de secours, plus lent, pour trouver une solution. Nous avons passé beaucoup de temps à essayer de résoudre ces problèmes et avons sacrifié notre sommeil… Voilà la situation que nous essayons de gérer au mieux avec les conditions de navigations désastreuses auxquelles nous sommes confrontés. » explique Phil.
Si le bateau subit des avaries techniques graves depuis mercredi, il semble que les skippers ne soient pas épargnés : leur sac de couchage a été inondé d’eau de mer. Les choses pouvaient-elles empirer? « Notre sac de couchage est encore trempé, mais c’est le moindre de nos problèmes, notre nouvelle bouilloire est cassée ! Cela signifie de la bouillie froide, des repas lyophilisés froids et croquants, et pire, pas de thé Earl Grey ! » commente Phil.
Bien que Phil et Pablo n’aient pas de thé, de nourriture chaude et surtout de prévisions météos récentes, le moral à bord reste apparemment bon et Imerys Clean Energy navigue vers le sud dans des mers plus chaudes et plus bleues. Évoluant dans des «condition sauvage», le duo reste concentré pour maintenir sa vitesse de pointe tout en gardant le contrôle du bateau alors qu’il reste encore 3 000 milles nautiques avant d’atteindre le Brésil.

Morale de l’histoire ? Vous ne pouvez jamais vous préparer à une course océanique !