IDEC Sport a rattrapé les 3/4 de son retard, passant de -700 mn il y a 3 jours à -100mn aujourd’hui. L’équipe a mis le turbo et glissera à la mi-journée sous l’Archipel des Kerguelen, 48 heures seulement après son passage à Bonne Espérance ! Des vitesses impressionnantes pour rester aussi à l’avant d’un front qui propulse le bateau au-delà des 40-45 nds en vitesse de pointe.

« Même si la probabilité restait faible, c’est vrai que d’avoir croisé un iceberg cette nuit, cela nous a refroidis, c’est le cas de le dire… », avoue Francis Joyon. « Aujourd’hui, on a une nouvelle zone à risque à traverser, mais à la tombée de la nuit, la situation doit s’améliorer » explique-t-il, pas mécontent de continuer sa progression de jour dans ces eaux peu accueillantes de l’océan Indien. La visibilité, qui persiste à 500 mètres dans la grisaille, la brume et le crachin ambiants, leur laisse le temps de réagir. À la barre, mais aussi au niveau des voiles, prêtes à être enroulées dans l’urgence pour parer le risque de contact avec ces blocs de glace dérivant.

Après 14 jours de course sur le Trophée Jules Verne, prudence et vigilance sont les maîtres-mots à bord d’IDEC SPORT. Sommé de rester sur le qui-vive –  les yeux en permanence sur le radar et sur la température de l’eau -, l’équipage de haut vol n’en met pas moins toute ses compétences au service de la performance. Les derniers relevés de positions qui se suivent depuis deux jours en témoignent. Ils confirment les hautes vitesses constantes, à 36 nœuds de moyenne, qui permettent au maxi-multicoque d’abattre les milles et de foncer tout droit sur la route des trois caps, à coup de 870 milles par 24 heures. Un rythme époustouflant qui dure depuis près de trois jours !

« On essaye d’être proche des 40 nœuds, »  confirme Francis Joyon  : « On est très motivés puisqu’il s’agit de ne pas se laisser rattraper par la dépression qui nous suit. Plus en arrière, on serait confronté à des conditions de vent et de mer plus difficiles qui nous rendraient beaucoup moins rapides. Il faut faire une moyenne de 36 nœuds pour rester devant et c’est vrai que 36 nœuds, ça y va… » poursuit-il. « Il faut être sans arrêt sur les réglages et à la barre qui peut décrocher à tout moment, comme cela s’est passé –  une fois avec moi, une fois avec Alex -, dans des vitesses de l’ordre de 44-45 nœuds. C’est très sportif tout ça ! »

À fond devant le front
Même topo de la part de Bernard Stamm qui se prépare « un risotto aux cèpes, agrémenté de parmesan, d’huile d’olive et d’un soupçon d’ail en poudre », avant d’aller prendre son quart.  « L’ambiance du bord est très studieuse dans ces conditions exigeantes. Le rythme est soutenu. C’est un peu stand-by, boulot, dodo », explique le marin suisse qui mesure qu’il devra tirer le meilleur du bateau une fois sur le pont, tout un gardant bien l’œil ouvert face aux risques encourus à 800 milles dans l’ouest des Kerguelen.  « Le front froid dépressionnaire nous suit comme notre ombre. Et s’il nous venait de freiner, de traîner sur une manœuvre, il nous rattraperait. On changerait radicalement de décor. Raison de plus pour appuyer sur le champignon », confirme-t-il.
Au même moment, IDEC SPORT fonce toujours à plein régime dans ces contrées lointaines. Calé dans le sillage de son concurrent virtuel, il ne concède plus que 270 milles de retard, soit une poignée d’heures à ces vitesses là, sur le chrono planétaire.
« Pour moi la marge globale sur le record reste excellente si on arrive à rester devant le front. Pour nous, c’est un peu maintenant que le Trophée Jules Verne se joue. Si on arrive à se maintenir devant, on garde une chance importante de le battre », ajoute de son côté Francis Joyon.

 

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