30 IMOCA au départ de la Transat Jacques Vabre

Start of the Transat Jacques Vabre 2017, duo sailing race from Le Havre (FRA) to Salvador de Bahia (BRA) in Le Havre on November 5th, 2017 - Photo Jean-Louis Carli / ALeA / TJV17

Alors qu’Alan Roura (La Fabrique) cavale à travers l’Atlantique pour tenter de s’emparer du record de l’Atlantique Nord en solitaire (50 milles d’avance à 666 milles de l’arrivée), la liste des duos engagés dans la Transat Jacques Vabre 2019 a été révélée hier par son organisateur, dévoilant un plateau exceptionnel de plus de 30 monocoques au départ. L’IMOCA sera donc la principale classe représentée sur cette nouvelle édition de la Transat Jacques Vabre.

Jean-Pierre Dick, quadruple vainqueur et tenant du titre en IMOCA, Maxime Sorel, vainqueur de la dernière édition en Class40′ et nouveau venu en IMOCA, nous livrent leurs commentaires sur l’édition à venir et se remémorent quelques souvenirs, forts de café !

C’est historique, jamais un tel plateau IMOCA n’avait été réuni au départ de la Transat Jacques Vabre. De 13 monocoques en 2017, on passe à plus de 30 en 2019. Certes l’effet Vendée Globe joue à plein, mais n’oublions pas qu’ils étaient 20 lors de l’édition pré-Vendée Globe de 2015, qui constituait le record de participation à l’époque.

60 parmi les meilleurs marins

Tous les grands noms et les cadors de la séries seront là, formant des duos complémentaires, parfois étonnants et toujours performants, parmi lesquels on peut noter : Charlie Dalin – Yann Eliès (Apivia); Sébastien Simon – Vincent Riou (Arkea-Paprec); Clarisse Crémer – Armel Le Cléac’h (Banque Populaire); Jérémie Beyou – Christopher Pratt (Charal); Nicolas Troussel – Jean Le Cam (Corum l’Epargne); Damien Seguin – Yoann Richomme (Groupe Apicil); Alex Thomson – Neal Mc Donald (Hugo Boss); Samantha Davies – Paul Meilhat (Initiatives Coeur); Isabelle Joschke – Morgan Lagravière (MACSF); Fabrice Amedeo – Eric Péron (Newrest – Art et Fenêtre); Yannick Bestaven – Roland Jourdain (Maitre CoQ); Kevin Escoffier – Nicolas Lunven (PRB), sans oublier l’Allemand Boris Herrmann ou le Nordiste Thomas Ruyant qui n’ont pas encore fait connaitre le nom de leurs co-skippers…..

Prudence pour les IMOCA de nouvelle génération

Au moins cinq IMOCA flambant neufs devraient s’aligner au départ de la Transat Jacques Vabre, véritable test-match avant le prochain Vendée Globe. Si le Charal de Jérémie Beyou se présentera avec une avance sur ses concurrents en termes de préparation, les 4 autres monocoques neufs, Apivia de Charlie Dalin, Arkéa-Paprec de Sébastien Simon, Hugo Boss d’Alex Thomson et le nouveau monocoque de Thomas Ruyant, n’auront qu’à peine deux mois pour effectuer premières navigations et tests de fiabilisation. Rappelons-nous que les conditions de mer et de vent avaient été très brutales lors de la précédente édition pré-Vendée Globe de 2015, lors de laquelle 11 des 20 IMOCA avaient dû abandonner et que sur les 6 monocoques de dernière génération présents, seul le Banque Populaire VIII mené par Armel Le Cléac’h et Erwan Tabarly arriva à Itajaí, aux termes d’un duel épique remporté au finish par Vincent Riou et Sébastien Col sur PRB.

Regard de vainqueurs
Jean-Pierre Dick est le tenant du titre en IMOCA et le seul à avoir remporté 4 fois la Transat Jacques Vabre (en 2017 avec Yann Eliès, 2011 avec Jérémie Beyou, 2005 avec Loïck Peyron, 2003 avec Nicolas Abiven). Son regard apporte donc un éclairage intéressdant sur la prochaine Jacques Vabre, tout comme celui de Maxime Sorel (V&B), nouveau venu en IMOCA, mais tenant du titre en Class40′. Interview croisé !

Quel regard portez-vous sur le plateau exceptionnel en IMOCA de la prochaine Transat Jacques Vabre ?

Jean-Pierre Dick : « Nous n’étions que 13 au départ il y a seulement deux ans, donc le plateau est exceptionnel car il bénéficie comme tous les 4 ans de l’effet Vendée Globe. Mais, au delà de cet aspect, on constate que l’IMOCA est devenu la série phare de la course au large. Et le fait que le 60 pieds IMOCA ait été choisi comme support pour The Ocean Race (Ex Volvo Ocean Race) ne va qu’amplifier ce phénomène. La première confrontation entre les bateaux neufs sera intéressante même si tous ne seront pas encore en mode course. La prime reviendra au bateau le mieux fiabilisé, ce qui était notre cas en 2017 avec StMichel-Virbac. »

Maxime Sorel :  » Oui le plateau est top et promet de beaux matchs. La chasse aux milles pour le Vendée Globe reste bien ouverte… Cette édition va être passionnante, avec un plateau très hétérogène, constitué de pas mal de nouveaux bateaux mais aussi de bateaux très performants de la génération précédente.

Quel souvenir gardez-vous de votre victoire en 2017 ?

JP Dick :  » J’ai forcément plein de bons souvenirs sur cette course que j’ai eu la chance de gagner quatre fois. Je garde un souvenir particulier de notre victoire en 2017 où on prend la tête par une option un peu osée en passant le Raz Blanchard dans un vent de sud-ouest contre un courant de 10 noeuds et donc une mer très formée. Contre l’avis des conseils météo nous prenons le risque d’y aller et on se retrouve au petit matin en tête avec 15 milles d’avance sur SMA et Safran. Cette course a été une magnifique bagarre, notamment contre Paul Meilhat et Gwénolé Gahinet. Avec Yann en qui j’avais une totale confiance, on a été à l’attaque en permanence, portant le maximum de toile, mettant la pression et accélérant sans cesse. Cette course a été un beau moment pour moi, avec une quatrième victoire à la clé, le passage de témoin à Yann, l’arrivée magique à Salvador de Bahia, la Caïpirinha et tous les plaisirs que l’on connait au Brésil ».

Maxime Sorel : « J’avais une pression maximum en 2017 car mon sponsor (V&B) pensait que c’était forcé que je gagne… J’avais fait 2ème en 2015 donc forcément je ne pouvais que faire 1er en 2017 ! Cela a pourtant mal commencé car j’ai cassé des cloisons dans le bateau, mais avec Antoine (Carpentier) on a cravaché comme des dingues, battant le records des 24h en Class40 et remportant la course avec seulement 17 minutes d’avances devant Aymeric Chappellier et Arthur Le Vaillant. C’était juste magnifique. »

Quelle sont les principales difficultés et la recette pour la Jacques Vabre ?

JP Dick :  » La Transat Jacques Vabre est une course très dure et il faut être en capacité d’attaquer tout le temps. La qualité du duo est primordiale car il faut bien s’entendre et être complémentaire. Il y a aussi un stress permanent à gérer car on tient des moyennes très élevées, il faut être capable de tenir et d’appuyer sans cesse sur le champignon ».

Maxime Sorel :  » Pour moi la Jacques Vabre est une course beaucoup plus dure que la Route du Rhum. En fait il y a deux courses dans la course. La première jusqu’au Pot au Noir (zone de convergence intertropicale) puis la descente vers Bahia avec pas mal de portant et de la grande vitesse. Je me considère toujours en apprentissage en IMOCA donc la difficulté pour moi est de conjuguer une course plus longue et une machine très physique « .

Un pronostic pour l’édition 2019 en IMOCA ?

JP Dick :  » Très difficile car on ne connait pas grand-chose des nouveaux bateaux. Je pense que Charal fera figure de favori, mais il ne faut pas oublier certains bateaux très bien optimisés avec des duos de haut vol comme Kevin Escoffier et Nicolas Lunven sur PRB ou Sam Davies et Paul Meilhat sur Initiatives Coeur. Clarisse Crémer et Armel Le Cléac’h peuvent aussi faire mal… ».

Maxime Sorel : « Charlie et Yann seront redoutables sur le nouveau Apivia, comme Jérémie Beyou et Christopher Pratt sur Charal. Il faudra aussi surveiller Initiatives Coeur (Sam Davies-Paul Meilhat), Malizia, PRB et pourquoi pas Maitre CoQ avec Yannick Bestaven et Roland Jourdain qui se sont pas mal entrainé ».